Poèmes divers, 1895· Épilogue
En manière d’adieux à la poésie « personnelle »
Ainsi donc, adieu, cher moi-même,Que d'honnêtes gens ont blâmé,Les pauvres ! d'avoir trop aimé,Trop flatté (dame, quand on aime !),
Adieu, cher moi, chagrin et joieDont j'ai, paraît-il, tant parléQu'on n'en veut plus, que c'est réglé !Désormais faut que je me noie
Au sein — comment dit-on cela ? —De l'Art Impersonnel, et, digne,Que j'assume un sang-froid insignePour te chanter, ô Walhalla,
Pour, Bouddha, célébrer tes ritesEt vos coutumes, tous pays !Et, le mien de pays, ô hiss !Dire tes torts et tes mérites,
Et dans des drames palpitants,Parmi des romans synthétiquesOu bien, alors, analytiques,M'étendre en tropes embêtants !
Adieu, cher moi-même en retraite,C'est un peu déjà du tombeauQui nous guigne à travers ce beauProjet vers l'art de seule tête,
Adieu, le Cœur ! Il n'en faut plus :C'est un peu déjà de la terreSur la Tête… et son art… austère,Que ces « adieux irrésolus ».
Mars 1895.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a moi-même / aime féminine, classiqueb blâmé / aimé masculine, classiquea joie / noie féminine, classiqueb parlé / réglé masculine, classiquea cela / Walhalla masculine, classiqueb digne / insigne féminine, classiquea rites / mérites féminine, classiqueb pays / hiss masculine, classiquea palpitants / embêtants masculine, classiqueb synthétiques / analytiques féminine, classiquea retraite / tête féminine, classiqueb tombeau / beau masculine, classiquea plus / irrésolus masculine, classiqueb terre / austère féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques complètes, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1962· Sources