Poèmes divers, 1895
Lamento
Ma mie est morte.
Plourez mes yeux.(Vieux poëte du XIVe siècle dont le nom m’échappe.)
La ville dresse ses hauts toitsAux mille dentelures folles.Un bruit de joyeuses paroles.Monte au ciel, rassurante voix.— Que me fait cette gaieté vileDe la ville !
Quelle paix vaste règne aux champs !L’oiseau chante dans le grand chêne,Les midis font blanche la plaineQue dorent les soleils couchants.— Peu m’importe ta gloire pure,Ô nature !
Avec les signes de ses flots,Avec sa plainte solennelle,La mer immense nous appelle,Nous tous, rêveurs et matelots.— Qu’est-ce que tu me veux encore,Mer sonore ?
— Ah ! ni les flots des Océans,Ni les campagnes et leur ombre,Ni les cités aux bruits sans nombre,Qu’édifièrent des géants,Rien ne réveillera ma mieTant endormie.
Versification
- Forme
- 4 sizains (sizains)
- Rimes
- 4(abbacc)
- Mètre
- Octosyllabes et trisyllabes (20 de 8, 3 de 3, 1 de 4)· profil 3, 8
- Strophes
- 4 sizains
- Mots à la rime
- a toits / voix masculine, classiqueb folles / paroles féminine, classiquec vile / ville féminine, classiquea champs / couchants masculine, classiqueb chêne / plaine féminine, classiquec pure / nature féminine, classiquea flots / matelots masculine, classiqueb solennelle / appelle féminine, classiquec encore / sonore féminine, classiquea Océans / géants masculine, classiqueb ombre / nombre féminine, classiquec mie / endormie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques complètes, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1962· Sources