Poèmes saturniens, 1866· Melancolia
VI. Mon Rêve familier
Je fais souvent ce rêve‖ étrange et pénétrantD’une femme inconnue,‖ et que j’aime, et qui m’aime,Et qui n’est, chaque fois,‖ ni tout à fait la mêmeNi tout à fait une autre,‖ et m’aime et me comprend.
Car elle me comprend,‖ et mon cœur, transparentPour elle seule, hélas !‖ cesse d’être un problèmePour elle seule, et les‖ moiteurs de mon front blême,Elle seule les sait‖ rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde‖ ou rousse ? — Je l’ignore.Son nom ? Je me souviens‖ qu’il est doux et sonore,Comme ceux des aimés‖ que la Vie exila.
Son regard est pareil‖ au regard des statues,Et, pour sa voix, lointaine,‖ et calme, et grave, elle aL’inflexion des voix‖ chères qui se sont tues.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a pénétrant / comprend masculine, classiqueb m’aime / même féminine, classiquea transparent / pleurant masculine, classiqueb problème / blême féminine, classiquea l’ignore / sonore féminine, classiqueb exila / a masculine, classiquea statues / tues féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation wikisource.org· Sources