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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Sagesse, 1881· II· IV

VII. « – Certes, si tu le veux mériter, mon fils, oui »

Paul Verlaine· strophes variées, alexandrins, 42 vers

– Certes, si tu le veux‖ mériter, mon fils, oui,Et voici. Laisse aller‖ l’ignorance indéciseDe ton cœur vers les bras‖ ouverts de mon Église,Comme la guêpe vole‖ au lis épanoui.

Approche-toi de mon‖ oreille. Épanches-yL’humiliation‖ d’une brave franchise.Dis-moi tout sans un mot‖ d’orgueil ou de repriseEt m’offre le bouquet‖ d’un repentir choisi.

Puis franchement‖ et simplement viens à ma table.Et je t’y bénirai‖ d’un repas délectableAuquel l’ange n’aura‖ lui-même qu’assisté,Et tu boiras le Vin‖ de la vigne immuable,Dont la force, dont la‖ douceur, dont la bontéFeront germer ton sang‖ à l’immortalité.

Puis, va ! Garde une foi‖ modeste en ce mystèreD’amour par quoi je suis‖ ta chair et ta raison,Et surtout reviens très‖ souvent dans ma maison,Pour y participer‖ au Vin qui désaltère,

Au Pain sans qui la vie‖ est une trahison,Pour y prier mon Père‖ et supplier ma MèreQu’il te soit accordé,‖ dans l’exil de la terre,D’être l’agneau sans cris‖ qui donne sa toison,

D’être l’enfant vêtu‖ de lin et d’innocence,D’oublier ton pauvre amour-propre‖ et ton essence,Enfin, de devenir‖ un peu semblable à moi

Qui fus, durant les jours‖ d’Hérode et de PilateEt de Judas et de‖ Pierre, pareil à toiPour souffrir et mourir‖ d’une mort scélérate !

Et pour récompenser‖ ton zèle en ces devoirsSi doux qu’ils sont encor‖ d’ineffables délices,Je te ferai goûter‖ sur terre mes prémices,La paix du cœur, l’amour‖ d’être pauvre, et mes soirs

Mystiques, quand l’esprit‖ s’ouvre aux calmes espoirsEt croit boire, suivant‖ ma promesse, au CaliceÉternel, et qu’au ciel‖ pieux la lune glisse,Et que sonnent les angélus‖ roses et noirs,

En attendant‖ l’assomption dans ma lumière,L’éveil sans fin dans ma‖ charité coutumière,La musique de mes‖ louanges à jamais,

Et l’extase perpétuelle‖ et la science,Et d’être en moi parmi‖ l’aimable irradianceDe tes souffrances,‖ enfin miennes, que j’aimais !

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
7[abba] 1[aababb] 2[aa] 1[abab]
Mètre
Alexandrins· profil 6=6
Strophes
8 quatrains, 2 distiques, 1 sizain
Mots à la rime
a oui / épanoui masculine, classiqueb indécise / Église féminine, classiquea Épanches-y / choisi masculine, classiqueb franchise / reprise féminine, classiquea table / délectable / immuable féminine, classiqueb qu’assisté / bonté / l’immortalité masculine, classiquea mystère / désaltère féminine, classiqueb raison / maison masculine, classiquea trahison / toison masculine, classiqueb Mère / terre féminine, classiquea d’innocence / essence féminine, classiqueb moi / toi masculine, classiquea Pilate / scélérate féminine, classiquea devoirs / soirs masculine, classiqueb délices / prémices féminine, classiquea espoirs / noirs masculine, classiqueb Calice / glisse féminine, classiquea lumière / coutumière féminine, classiqueb jamais / j’aimais masculine, classiquea science / irradiance féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

42 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation scribd.com· Sources