Sagesse, 1881· II· IV
V. « – Il faut m’aimer. Je suis ces Fous que tu nommais »
– Il faut m’aimer. Je suis‖ ces Fous que tu nommais,Je suis l’Adam nouveau‖ qui mange le vieil homme,Ta Rome, ton Paris,‖ ta Sparte et ta Sodome,Comme un pauvre rué‖ parmi d’horribles mets.
Mon amour est le feu‖ qui dévore à jamaisToute chair insensée,‖ et l’évapore commeUn parfum, – et c’est le‖ déluge qui consommeEn son flot tout mauvais‖ germe que je semais,
Afin qu’un jour la Croix‖ où je meurs fût dresséeEt que par un miracle‖ effrayant de bontéJe t’eusse un jour à moi,‖ frémissant et dompté.
Aime. Sors de ta nuit.‖ Aime. C’est ma penséeDe toute éternité,‖ pauvre âme délaissée,Que tu dusses m’aimer,‖ moi seul qui suis resté !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdd ccd
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a nommais / mets masculine, classiqueb homme / Sodome féminine, classiquea jamais / semais masculine, classiqueb comme / consomme féminine, classiquea dressée / pensée / délaissée féminine, classiqueb bonté / dompté / resté masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation scribd.com· Sources