Sagesse, 1881· I
XV. « On n’offense que Dieu qui seul pardonne »
On n’offense que Dieu qui seul pardonne.MaisOn contriste son frère,‖ on l’afflige, on le blesse,On fait gronder sa haine‖ ou pleurer sa faiblesse,Et c’est un crime affreux‖ qui va troubler la paixDes simples, et donner‖ au monde sa pâture,Scandale, cœurs perdus,‖ gros mots et rire épais.
Le plus souvent par un‖ effet de la natureDes choses, ce péché‖ trouve son châtimentMême ici-bas, féroce‖ et long communément.Mais l’Amour tout-puissant‖ donne à la créatureLe sens de son malheur‖ qui mène au repentirPar une route lente‖ et haute, mais très sûre.
Alors un grand désir,‖ un seul, vient investirLe pénitent, après‖ les premières alarmes.Et c’est d’humilier‖ son front devant les larmesDe naguère, sans rien‖ qui pourrait amortirLe coup droit pour l’orgueil,‖ et de rendre les armesComme un soldat vaincu,‖ – triste de bonne foi.
Versification
- Forme
- Distiques (strophes variées)
- Rimes
- 1[abbacac] 2[aa] 1[ababccbc]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 2 distiques, 1 septain, 1 huitain
- Mots à la rime
- a pardonne / Mais / paix / épais masculine, classiqueb blesse / faiblesse féminine, classiquec pâture / nature féminine, classiqueb châtiment / communément masculine, classiquec créature / sûre féminine, classiqued repentir / investir / amortir masculine, classiqueb alarmes / larmes / armes féminine, classiquec foi / pardonnez-moi masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation scribd.com· Sources