Varia, 1867
Nous errions sur la mer des suprêmes désastres
— Nous errions sur la mer‖ des suprêmes désastresSous un ciel irrité,‖ sans boussole et sans astres,Débris d'un grand combat‖ perdu par trahisonsAutour de nous rampaient‖ les flots, phosphore et souffre ;Le radeau lentement‖ s'enfonçait dans le gouffre ;Déjà nous nous sentions‖ guettés par les poisons…
O Livre, tu parais‖ dans ce hideux naufrage,Tel qu'un inespéré‖ vaisseau de grand tonnageOù nous grimpons, nageurs‖ à demi-submergés,Et la seule vertu‖ de ta bonne mâtureEt les rangs de canons‖ prêts à toute aventureNous ont soudain — par quel‖ miracle ? — encouragés.
Nous combattions ! — Que vienne‖ à présent le pirate,Nous accueillerons bien‖ l'escadre scélérate…Mousqueton, caronnade,‖ oh ! l'admirable chœur ! —Et s'il ne nous échoit‖ qu'une belle défaite,Du moins nous aurons eu‖ cette suprême fêteNous aussi, de couler‖ à fond sur le Vengeur !
22 Xembre 1870 Paul Verlaine
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a désastres / astres féminine, classiqueb trahisons / poisons masculine, classiquec souffre / gouffre féminine, classiquea naufrage / tonnage féminine, classiqueb demi-submergés / encouragés masculine, classiquec mâture / aventure féminine, classiquea pirate / scélérate féminine, classiqueb chœur / Vengeur masculine, classiquec défaite / fête féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Revue Verlaine, Paris, Classiques GARNIER, 1996· Sources