Œuvres complètes, 1632· Ire PARTIE
Sonnet
Si j’estois dans un bois poursuivy d’un lion,Si j’estois à la mer au fort de la tempeste,Si les Dieux irritez vouloient presser ma testeDu faix du mont Olympe et du mont Pelion ;
Si je voyois le jour que vid DeucalionOù la mort ne cuida laisser homme ny beste,Si pour me devorer je voyois toute presteLa rage des flambeaux qui brusloient Ilion,
Je verrais ces dangers avecques moins d’ennuyQue les maux violents que je souffre aujourd’huyPour un mauvais regard que m’a donné mon ange.
Je voy desjà sur moy mille foudres pleuvoir :De la mort de son fils Dieu contre moy se vengeDepuis que ma Phillis se fasche de me voir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. Jannet, 1856· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources