Œuvres complètes, 1632· Ire PARTIE
Sonnet
Qui que tu sois, bien grand et bien heureux, sans doute,Puis que Deheins en parle et qu’il t’estime tant,Voy la troupe des Sœurs qui se dispose touteA courre avecques toy sur l’empire flotant.
Thetis ne frappera ta nef qu’en la flattant,Tu choisiras les vents, et la celeste vouteDe tous ces feux joyeux, sur ton chef esclattant,Caressera tes yeux et guidera ta route.
Quelque terre incognue où tu viendras à bord,Tes vers cognus par tout seront ton passeport.Mais non ! ne les prends pas avecque toy dans l’onde :
Le soleil, qui ne vid jamais rien de si beau,Enchanté, parmy nous, s’amuseroit dans l’eauEt d’une longue nuict aveugleroit le monde.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. Jannet, 1856· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources