Œuvres complètes, 1632· Ire PARTIE
Sonnet de Théophile
Sur son exil.
uelque si doux espoir où ma raison s’appuye,Un mal si decouvert ne se sçauroit cacher :J’emporte, mal-heureux, quelque part où je fuye,Un traict qu’aucun secours ne me peut arracher.
Je viens dans un desert mes larmes espancher,Où la terre languit, où le soleil s’ennuye,Et d’un torrent de pleurs qu’on ne peut estancherCouvre l’air de vapeurs et la terre de pluye.
Parmy ces tristes lieux traînant mes longs regrets,Je me promene seul dans l’horreur des forestsOù le funeste orfraye et le hibou se perchent.
Là, le seul reconfort qui peut m’entretenir,C’est de ne craindre point que les vivans me cherchentOù le flambeau du jour n’osa jamais venir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. Jannet, 1856· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources