Poèmes et Poésies, 1895· Fleurs du chemin et chansons de la route
V. « De là-bas, ‘où l‘aube éclot »
De là-bas, ‘où l‘aube éclot,Né comme une larme d‘un sanglot,S‘en vient, à jamais, flot sur flot,Vers le jour qui meurt et la nuit qui pleure,Le fleuve qui plus que l‘heure ne demeure…
Rêve d‘Éden aux sources claires,Rêves des longs jardins embaumés,Aumône jetée à toutes nos prièresPour ce que nos cœurs se sont aimés :
Voici mort d‘hier notre jour fêté,L‘Agneau de l‘offrande nous l‘avons immolé,Le flot est loin que nous avons guetté,Le fleuve fleuri s‘est écoulé,
Une fleur est morte en ce soir d‘été ;Mon cœur ne s‘en est pas consolé.
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources