À l’heure des mains jointes, 1906
Je t’aime d’être faible…
Je t’aime d’être faible‖ et câline en mes brasEt de chercher le sûr‖ refuge de mes brasAinsi qu’un berceau tiède‖ où tu reposeras.
Je t’aime d’être rousse‖ et pareille à l’automne,Frêle image de la‖ Déesse de l’automneQue le soleil couchant‖ illumine et couronne.
Je t’aime d’être lente‖ et de marcher sans bruitEt de parler très bas‖ et de haïr le bruit,Comme l’on fait dans la‖ présence de la nuit.
Et je t’aime surtout‖ d’être pâle et mourante,Et de gémir avec‖ des sanglots de mourante,Dans le cruel plaisir‖ qui s’acharne et tourmente.
Je t’aime d’être, ô sœur‖ des reines de jadis.Exilée au milieu‖ des splendeurs de jadis.Plus blanche qu’un reflet‖ de lune sur un lys…
Je t’aime de ne point‖ t’émouvoir, lorsque blêmeEt tremblante je ne‖ puis cacher mon front blême,O toi qui ne sauras‖ jamais combien je t’aime !
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a bras / reposeras masculine, classiquea l’automne / couronne féminine, classiquea bruit / nuit masculine, classiquea mourante / tourmente féminine, classiquea jadis / lys masculine, classiquea blême / t’aime féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’heure des mains jointes, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1906· numérisation wikisource.org· Sources