À l’heure des mains jointes, 1906
Mon ami le vent…
Je t’aime et te salue,‖ ô mon ami le ventQui rôdes à travers‖ les champs gras où l’on sème,Et qui viens te pencher‖ sur la mer, en buvantLes flots dont l’âcreté‖ ravive ta soif blême…
Rien ne saurait combler‖ le vide de mes bras,Et mes jours impuissants‖ ont des torpeurs mauvaises…J’aspire aux infinis‖ que Ton n’atteindra pas…Quand m’emporteras-tu‖ vers les rudes falaises ?
Quand m’emporteras-tu‖ vers les gris horizons,Vers les récifs et vers‖ les îles désoléesOù les plantes n’ont point‖ les magiques poisonsQue cherchent en vain les‖ princesses exilées ?…
Quand m’emporteras-tu‖ vers l’éternel hiverOù nul essor de blancs‖ goélands ne s’élance,Où les soirs ont glacé‖ le tourment de la mer,Où rien d’humain ne vit‖ au milieu du silence ?
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a vent / buvant masculine, classiqueb sème / blême féminine, classiquea bras / pas masculine, classiqueb mauvaises / falaises féminine, classiquea horizons / poisons masculine, classiqueb désolées / exilées féminine, classiquea hiver / mer masculine, classiqueb s’élance / silence féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’heure des mains jointes, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1906· numérisation wikisource.org· Sources