À l’heure des mains jointes, 1906
Voici mon mal
Parmi mes lys fanés‖ je songe que c’est toiQui me fis le plus grand‖ chagrin d’amour, Venise !Tu m’as trahie autant‖ qu’une femme et conquiseEn me prenant ma force,‖ et mon rêve et ma foi.
… Je ne cherche plus rien‖ dans Venise : l’ivresseDes beaux palais n’est plus‖ en moi ; le chant banalDes gondoliers me fait‖ haïr le Grand Canal,Et je n’espère plus‖ aimer la Dogaresse.
Voici mon mal : il est‖ négligeable et profond.Rendue indifférente‖ à la beauté que j’aime,J’erre, portant le deuil‖ éternel de moi-même,Parce que je n’ai pas‖ de lauriers à mon front.
Versification
- Forme
- 3 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 quatrains
- Mots à la rime
- a toi / foi masculine, classiqueb Venise / conquise féminine, classiquea l’ivresse / Dogaresse féminine, classiqueb banal / Canal masculine, classiquea profond / front masculine, classiqueb j’aime / moi-même féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’heure des mains jointes, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1906· numérisation wikisource.org· Sources