Études et Préludes, 1901
Dédicace
Lorsque tu vins, à pas‖ réfléchis, dans la brume,Le ciel mêlait à l’or‖ le cristal et l’airain.Ton corps se devinait,‖ ondoiement incertain,Plus souple que la vague‖ et plus frais que l’écume.Le soir d’été semblait‖ un rêve orientalDe rose et de santal.
Je tremblai. De longs lys‖ religieux et blêmesSe mouraient dans tes mains,‖ comme des cierges froids.Leurs parfums expirants‖ s’échappaient de tes doigtsDans le souffle pâmé‖ des angoisses suprêmes.De tes clairs vêtements‖ s’exhalaient tout à tourL’agonie et l’amour.
Je sentis frissonner‖ sur les lèvres muettesLa douceur et l’effroi‖ de ton premier baiser.Sous tes pas, j’entendis‖ des lyres se briserEn criant vers le ciel‖ l’ennui fier des poètes.Parmi des flots de sons‖ languissamments décrus,Blonde, tu m’apparus.
Et l’esprit assoiffé‖ d’éternel, d’impossible,D’infini, je voulus‖ moduler largementUn hymne de magie‖ et d’émerveillement.Mais la strophe monta‖ puérile et pénible,Piètre et piteux effort‖ rempli de vanité,Vers ta divinité.
Versification
- Forme
- 4 sizains (sizains)
- Rimes
- 4(abbacc)
- Mètre
- Alexandrins et hexasyllabes (20 de 12, 4 de 6)· profil 6, 6+6
- Strophes
- 4 sizains
- Mots à la rime
- a brume / l’écume féminine, classiqueb l’airain / incertain masculine, classiquec oriental / santal masculine, classiquea blêmes / suprêmes féminine, classiqueb froids / doigts masculine, classiquec tour / l’amour masculine, classiquea muettes / poètes féminine, classiqueb baiser / briser masculine, classiquec décrus / m’apparus masculine, classiquea d’impossible / pénible féminine, classiqueb largement / d’émerveillement masculine, classiquec vanité / divinité masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Études et Préludes, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1901· numérisation wikisource.org· Sources