Études et Préludes, 1901
Sonnet
Parle-moi, de ta voix‖ pareille à l’eau courante,Lorsque en moi s’est lassé‖ le souffle des aveux.Dis-moi des mots railleurs‖ et cruels si tu veux,Mais enveloppe-moi‖ de la phrase enivrante.
De ce timbre voilé‖ qui m’attriste et m’enchante,Lorsque mon front s’égare‖ en tes vagues cheveux,Exprime tes espoirs,‖ tes regrets et tes vœux,Ô mon harmonieuse‖ et musicale amante !
Et je t’écouterai‖ comme on écoute un chant,Sans presque te comprendre‖ et sans rêver… cherchantSinon le frais oubli,‖ du moins la somnolence.
Car si tu t’arrêtais,‖ ne fût-ce qu’un moment,J’entendrais… : j’entendrais‖ au profond du silenceQuelque chose d’affreux‖ qui pleure horriblement.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd cdc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a courante / enivrante féminine, classiqueb aveux / veux masculine, classiquea m’enchante / amante féminine, classiqueb cheveux / vœux masculine, classiquea chant / cherchant masculine, classiqueb somnolence / silence féminine, classiquea moment / horriblement masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Études et Préludes, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1901· numérisation wikisource.org· Sources