Évocations, 1903
« Douceur de mes chants, allons vers Mytilène »
Douceur de mes chants,‖ allons vers Mytilène,Voici que mon âme‖ a repris son essor,Nocturne et craintive‖ ainsi qu’une phalèneAux prunelles d’or.
Allons vers l’accueil‖ des vierges adorées :Nos yeux connaîtront‖ les larmes des retours :Nous verrons enfin‖ s’éloigner les contréesDes ternes amours.
L’ombre de Psappha,‖ tissant les violettesEt portant au front‖ de fébriles pâleurs,Sourira là-bas‖ de ses lèvres muettes.Lasses de douleurs.
Là-bas, gémira‖ Gorgô la délaissée,Là-bas, fleuriront‖ les paupières d’Atthis,Qui garde en sa chair,‖ savamment caressée,L’ardeur de jadis.
Elles chanteront‖ les Grâces solennelles,Les sandales d’or‖ de l’Aube au frais miroir,Les roses d’une heure‖ et les mers éternelles,L’étoile du Soir.
Nous verrons Timas,‖ la vierge tant pleurée,Qui ne subit point‖ les tourments de l’Érôs,Et nous redirons‖ à la terre enivréeL’hymne de Lesbôs.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Hendécasyllabes et pentasyllabes (18 de 11, 6 de 5)· profil 5, 5+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a Mytilène / phalène féminine, classiqueb essor / d’or masculine, classiquea adorées / contrées féminine, classiqueb retours / amours masculine, classiquea violettes / muettes féminine, classiqueb pâleurs / douleurs masculine, classiquea délaissée / caressée féminine, classiqueb d’Atthis / jadis masculine, classiquea solennelles / éternelles féminine, classiqueb miroir / Soir masculine, classiquea pleurée / enivrée féminine, classiqueb l’Érôs / Lesbôs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Évocations, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1903· numérisation wikisource.org· Sources