Haillons, 1910
Résurrection mauvaise
Ô tristesse, ô rancœur‖ des songes tôt ravis !Par un matin d’automne,‖ enfin, je la revis
Celle dont le nom seul‖ étourdit et caresse,Celle qui fut pour moi‖ l’Amour dans la Jeunesse,
Celle-là qui reçut‖ mes sanglotants aveuxCelle dont j’adorais‖ les suprêmes cheveux,
Son image lointaine‖ en moi demeurait belleEt je me dis avec‖ étonnement : C’est elle !
Ce sont là les cheveux‖ de lune d’or tramés,Et ce sont là les yeux‖ qui furent tant aimés…
Le cœur soudain mordu‖ par l’angoisse légère,Très pâle, je voulus‖ saluer l’étrangère.
Mais le salut courtois‖ ne vint point de mon cœurOù ne frémissait plus‖ même un peu de rancœur.
Je dis alors, la voix‖ un peu triste, un peu lasse :« Toi qui passes, la route‖ est large et longue… Passe !
« N’espère point troubler‖ le calme de mon deuilÔ Morte qui survis,‖ regagne ton cercueil ! »
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9(aa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 9 distiques
- Mots à la rime
- a ravis / revis masculine, classiquea caresse / Jeunesse féminine, classiquea aveux / cheveux masculine, classiquea belle / elle féminine, classiquea tramés / aimés masculine, classiquea légère / l’étrangère féminine, classiquea cœur / rancœur masculine, classiquea lasse / Passe féminine, classiquea deuil / cercueil masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Haillons, Paris, E. SANSOT et Cie, 1910· numérisation wikisource.org· Sources