La Vénus des Aveugles, 1904
Sonnet de porcelaine
Le soir, ouvrant au vent‖ ses ailes de phalène,Évoque un souvenir‖ fragilement rosé,Le souvenir, touchant‖ comme un Saxe brisé,De ta naïveté‖ fraîche de porcelaine.
Notre chambre d’hier‖ où meurt la marjolaine,N’aura plus ton regard‖ plein de ciel ardoisé,Ni ton étonnement‖ puéril et rusé…Ô frissons de ta nuque‖ où brûlait mon haleine !
Et mon cœur, dont la paix‖ ne craint plus ton retour,Ne sanglotera plus‖ son misérable amour,Frêle apparition‖ que le silence éveille !
Loin du sincère avril‖ de venins et de miels,Tu souris, m’apportant‖ les fleurs de ta corbeille,Fleurs précieuses des‖ champs artificiels.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a phalène / porcelaine féminine, classiqueb rosé / brisé masculine, classiquea marjolaine / haleine féminine, classiqueb ardoisé / rusé masculine, classiquea retour / amour masculine, classiqueb éveille / corbeille féminine, classiquea miels / artificiels masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Vénus des Aveugles, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1904· numérisation wikisource.org· Sources