Sillages, 1908
Devant le couchant
Je subis la langueur‖ du jour déjà pâli…Je suis très lasse, et je‖ ne veux plus que l’oubli.
Si l’on parle de moi,‖ l’on mentira sans doute.Et mes pieds ont été‖ déchirés par la route.
Certes, on doit trouver‖ plus loin des cieux meilleurs,Des visages plus doux…‖ Je veux aller ailleurs…
Je vous l’ai dit, je suis‖ affaiblie et très lasse…Tel le dernier rayon‖ du soir dernier s’efface…
Ma douleur m’apparaît‖ très lourde et très légère.Oubliez-moi qui suis‖ une âme passagère.
Je suis venue ici,‖ je ne sais pas pourquoi,Et j’ai vu des passants‖ se détourner de moi.
Sans vous comprendre et sans‖ que vous m’ayez comprise,J’ai passé parmi vous,‖ noire dans l’ombre grise.
Sans hâte et sans effroi,‖ je rentre dans la nuit…Avec tout ce qui glisse,‖ avec tout ce qui fuit.
Je pars comme on retourne,‖ allégée et ravieDe pardonner enfin‖ à l’amour et la vie.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9(aa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 9 distiques
- Mots à la rime
- a pâli / l’oubli masculine, classiquea doute / route féminine, classiquea meilleurs / ailleurs masculine, classiquea lasse / s’efface féminine, classiquea légère / passagère féminine, classiquea pourquoi / moi masculine, classiquea comprise / grise féminine, classiquea nuit / fuit masculine, classiquea ravie / vie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources