Sillages, 1908
Elle règne
Le soir était plus doux‖ que l’ombre d’une fleur.J’entrai dans l’ombre ainsi‖ qu’en un parfait asile.La Voix, récompensant‖ mon attente docile,Me chuchota : « Vois le‖ palais de la Douleur. »
Mes yeux las s’enchantaient‖ du violet, couleurUnique, car le noir‖ dominait. ImmobileLa Douleur demeurait‖ assise, très tranquille.J’admirais l’unité‖ de sa grande pâleur.
Mon cœur se resserrait‖ dans un étau funeste,Et j’allais m’éloigner,‖ lorsqu’elle me dit : Reste.Aussitôt j’entendis‖ prolonger un sanglot.
Dans la salle du trône,‖ un clair de lune blêmeEnvahissait la nuit,‖ comme un rocher le flot,Et la Douleur régnait,‖ implacable et suprême.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a fleur / Douleur masculine, classiqueb asile / docile féminine, classiquea couleur / pâleur masculine, classiqueb Immobile / tranquille féminine, classiquea funeste / Reste féminine, classiqueb sanglot / flot masculine, classiquea blême / suprême féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources