Sillages, 1908
Glas
Gardant la dignité‖ d’un silence hautain,J’entends sonner d’en haut‖ l’heure de mon destin.
Sa lamentation‖ traverse la lumière,Elle sonne en pleurant,‖ exacte et régulière.
Elle sonne, elle annonce,‖ elle dit : Tu mourras.Je sens qu’il est des sorts‖ qui ne pardonnent pas,
Des routes sans bonheur‖ et sans espoir suivies,De si tristes amours‖ et de si tristes vies.
Moi, j’ai vécu les yeux‖ aveuglément ouvertsDans l’incompréhensible‖ et terrible univers.
J’ai porté la douleur‖ des autres et la mienne,J’ai revêtu le deuil‖ et chanté l’antienne,
Je fus humiliée‖ à la face des cieux,J’ai vu m’abandonner‖ ce que j’aimais le mieux,
Et j’ai vu m’échapper‖ l’amour comme la gloire.Tout s’accomplit enfin…‖ Sonne, ô mon heure noire !
Sonne, dans un ciel gris‖ et dans un vent mauvais,Et proclame d’en haut‖ que j’ai trouvé la paix.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9(aa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 9 distiques
- Mots à la rime
- a hautain / destin masculine, classiquea lumière / régulière féminine, classiquea mourras / pas masculine, classiquea suivies / vies féminine, classiquea ouverts / univers masculine, classiquea mienne / l’antienne féminine, classiquea cieux / mieux masculine, classiquea gloire / noire féminine, classiquea mauvais / paix masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources