Sillages, 1908
Pendant qu’elle dormait
Vous avez entrouvert‖ vos lèvres cette nuitEt j’ai cru que c’était‖ pour des paroles basses,Mais vous avez laissé‖ retomber vos mains lasses…Vous avez soupiré,‖ c’était à peine un bruit.
Moi je vous regardais,‖ je regardais cet ambreRouge et cet or profond‖ que sont vos doux cheveux…Je tenais dans mes mains‖ le plus cher de mes vœux,L’Amour lui-même était‖ présent dans notre chambre.
Je ne m’endormais plus‖ pour voir votre sommeilSemblable au rocher calme‖ où le vent dur s’émousse…Dans l’émerveillement‖ d’une nuit aussi douce,J’ai cru que jamais ne‖ renaîtrait le soleil.
J’aurais parlé, mais vous‖ vous êtes retournée,Car le sommeil s’était‖ emparé de vos yeux,Vous dormiez, bienheureuse‖ à la façon des Dieux,Et vous ne m’aimiez plus…‖ J’étais abandonnée…
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a nuit / bruit masculine, classiqueb basses / lasses féminine, classiquea ambre / chambre féminine, classiqueb cheveux / vœux masculine, classiquea sommeil / soleil masculine, classiqueb s’émousse / douce féminine, classiquea retournée / abandonnée féminine, classiqueb yeux / Dieux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources