Sillages, 1908
Profession de foi
J’aime l’avril et l’eau,‖ l’arc-en-ciel et la lune,J’aime tout ce qui change‖ et qui trompe et qui fuit.Mon rire est inconstant‖ autant que la fortune,Et je mens, car je suis‖ la fille de la nuit.
Et la nuit reconnaît‖ en moi sa fille tendre.Elle me fait venir‖ dans les bois endormisEt me donne l’ouïe‖ exquise pour entendre,Comme en un songe aigu,‖ les pas des ennemis.
La nuit me fut toujours‖ magnifique et clémente,J’appris d’elle les noirs‖ chemins où l’on peut fuir,Elle amortit le bruit‖ de mes pas sur la mentheOù l’ombre est douce autant‖ qu’un léger souvenir.
J’obtins d’elle le doux‖ mépris de ce qui presse,Le regard détourné,‖ la sainte horreur du bruit…Étant comblée ainsi,‖ j’adore ma DéesseInconnaissable et noire‖ et parfaite, la Nuit.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a lune / fortune féminine, classiqueb fuit / nuit masculine, classiquea tendre / entendre féminine, classiqueb endormis / ennemis masculine, classiquea clémente / menthe féminine, classiqueb fuir / souvenir masculine, classiquea presse / Déesse féminine, classiqueb bruit / Nuit masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources