Sillages, 1908
Sonnet pour la lune
Protectrice de ce‖ qui s’effare et qui fuit,Souveraine des bois,‖ des sommets et des rives,Toi qui prêtes un songe‖ illusoire aux captivesQue le malheur inné‖ de leur race poursuit,
Toi dont le regard froid‖ et mystique traduitLe pâle amour de nos‖ âmes contemplatives,Toi qui dores un peu‖ l’argent vert des olives,Toi qui daignes sourire‖ aux filles de la nuit,
Toi qui règnes sur les‖ grenouilles, sur les lièvres,Sur les eaux, les marais‖ où sommeillent les fièvres,Les fleuves et les mers‖ que tu sais engourdir,
Visite-moi couchée‖ à l’ombre d’une berge !Mon cœur n’a plus que le‖ vide de son désirEt j’aime vainement‖ l’étoile la plus vierge !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a fuit / poursuit masculine, classiqueb rives / captives féminine, classiquea traduit / nuit masculine, classiqueb contemplatives / olives féminine, classiquea lièvres / fièvres féminine, classiqueb engourdir / désir masculine, classiquea berge / vierge féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources