Sillages, 1908
Vêtue
I
Ta robe participe‖ à ton être enchanté,Ô ma très chère !… Elle est‖ un peu de ta beauté.
La respirer, c’est ton‖ odeur que l’on dérobe.Ton cœur intime vit‖ dans les plis de ta robe,
L’odeur de nos baisers‖ anciens est dans ses plis…Elle se ressouvient‖ de nos divins oublis.
En mon être secret‖ je suis presque jalouseDe l’étoffe qui suit‖ ton corps et qui l’épouse.
J’ose te l’avouer,‖ en un soir hasardeuxOù l’on s’exprime enfin…‖ Nous t’aimons toutes deux.
D’avoir été si près‖ de ta douceur suprême,Ta robe est ma rivale,‖ et cependant je l’aime…
II
Tu n’aimes déjà plus‖ ta robe de jadis,Soyeuse et longue ainsi‖ qu’un irréel iris.
Mais moi je l’aime et je‖ la veux et je la garde,Pour moi, le passé reste‖ et l’autrefois s’attarde.
J’adore ces chers plis‖ du voile transparentQui n’enveloppe plus‖ ton corps indifférent.
Garde-moi, parfumée‖ ainsi qu’une momie,Ta robe des beaux jours‖ passés, ô mon amie !
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 10(aa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 10 distiques
- Mots à la rime
- a enchanté / beauté masculine, classiquea dérobe / robe féminine, classiquea plis / oublis masculine, classiquea jalouse / l’épouse féminine, classiquea hasardeux / deux masculine, classiquea suprême / l’aime féminine, classiquea jadis / iris masculine, classiquea garde / s’attarde féminine, classiquea transparent / indifférent masculine, classiquea momie / amie féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources