Les épîtres, 1706‑1778
Épître Lxxx
1750 À MONSIEUR DESMAHIS
Vos jeunes mains cueillent des fleursDont je n'ai plus que les épines ;Vous dormez dessous les courtinesEt des grâces et des neuf sœurs :Je leur fais encor quelques mines,Mais vous possédez leurs faveurs.Tout s'éteint, tout s'use, tout passe :Je m'affaiblis, et vous croissez ;Mais je descendrai du ParnasseContent, si vous m'y remplacez.Je jouis peu, mais j'aime encore ;Je verrai du moins vos amours :Le crépuscule de mes joursS'embellira de votre aurore.Je dirai : je fus comme vous ;C'est beaucoup me vanter peut-être ;Mais je ne serai point jaloux :Le plaisir permet-il de l'être ?
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[abbaba] 2[abab] 1[abba]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a fleurs / sœurs / faveurs masculine, classiqueb épines / courtines / mines féminine, classiquec passe / Parnasse féminine, classiqued croissez / remplacez masculine, classiquee encore / aurore féminine, classiquef amours / jours masculine, classiqueg vous / jaloux masculine, classiqueh peut-être / l'être féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres complètes, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1877· numérisation poesies.net· Sources