douve s. f.
Normand douve, fossé d'eau croupissante ; wallon, dèwe ; provenç. dogua, creux, cavité ; ital. doga, douve de tonneau, et raie, bordure d'étoffe ; milanais, dova, même sens ; bas-latin, doga, qui se trouve dans Grégoire de Tours avec le sens de conduit (fossas in circuitu fieri jussit, ne forte dogis occultis lymphae deducerentur in fontem, cité dans du Cange) ; allem. Daube ; holl. duig ; suisse, dauge, tous mots germaniques qui signifient douve de tonneau. Voilà toutes les formes mises sous les yeux du lecteur ; maintenant, il y a dans la latinité le mot doga qui signifie vase, coupe, et que du Cange a rattaché avec raison au grec δοχὴ, réservoir ; Diez, partant de là, a établi la série des sens : réservoir d'eau, fossé, rebord du fossé, ce qui retient le liquide dans un tonneau, la douve, et même rebord, encadrement, un des sens de l'italien doga qui signifie aussi raie, bordure. La transformation littérale est parfaitement justifiée : doga se change en douve, comme rogare en rouver, dans l'ancien français.