Génev. aigue ; picard, iau, ieu ; wallon, aiwe ; Berry, aie (effe, signifiant eau, se trouve dans le nom de plusieurs localités du Berry) ; bourguig. éa ; provenç. aigua, aiga ; catal. aygua ; espagn. et portug. agua ; anc. ital. aigua ; ital. mod. acqua ; du latin aqua ; gaeliq. ab, abh, aba, eau ; kimry, ew ; goth. ahva ; anc. Haut allem. oha ; zend, âfs ; sanscr. ap ou âpas. Le mot eau de la langue littéraire actuelle provient d'une forme picarde qui était iaue et se prononçait sans doute iave ; du moins en vers elle est toujours de deux syllabes ; puis elle s'est contractée en eau monosyllabe, et la forme eve ou eghe est restée dans la catégorie des patois. Il n'y a pas d'autre étymologie à chercher que le latin aqua, qui a donné régulièrement eve ou ewe, comme equa, cavale, avait donné ive ou iwe.
Étymologie de eau
Voir aussi : ÉAU
Origine du mot eau
(XIe siècle) Du moyen français eaue, eau, de l’ancien français eaue, ewe, du latin aqua, du proto-italique *akʷā (« eau »), de l’proto-indo-européen *h₂ékʷeh₂ (« eau »). La prononciation [akwa] de aqua a évolué vers le VIe siècle en [agwa], puis [awa]. Aux XIe et XIIe, la forme ewe [ɛwə] et les variantes egua, aigue (qui donna aigue-marine) et eve (qui donna évier) sont attestées en ancien français. Au XIIe et XIIIe, la forme eaue [eovə] apparait. Au XVIIe, le e final disparait entièrement, ce qui donne l’orthographe actuelle (prononcée [eo] à l’époque) et la prononciation se simplifia en [o]. À noter que l’on pouvait retrouver jusqu’au XVIIIe à Paris la prononciation [jo].
À noter qu’en français, aqua se retrouve en composition, comme préfixe : aqu-, aqui-.
Le mot a entre autres cognats, l’occitan aiga, l’italien acqua, le catalan aigua, l’espagnol agua, le portugais água et le roumain apă.
→ voir aussi les hydronymes Aa en allemand et Aa en français, pour l’évolution similaire de *h₂ékʷeh₂ (« eau ») via l’allemand.
D'après le Wiktionnaire, CC BY-SA.
L'étymologie de eau selon le Littré
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 : l'étymologie telle que la philologie de son temps l'établissait.
Le mot eau d'après le Littré
s. f. Substance liquide, transparente, sans saveur ni odeur, réfractant la lumière et susceptible de dissoudre un grand nombre de corps. Eau de source, de pluie. Eau courante, dormante. Lire l'article