Berry, fornir ; bourguig. forni ; provenç. fornir, et aussi formir, furmir, fromir, remplir, accomplir ; catal. espagn. et portug. fornir ; ital. fornire, et aussi fronire qui est cité et qui est important pour l'étymologie ; bas-lat. furmimentum, dans un texte provençal du XVe siècle, DU CANGE., On a proposé de le tirer de furnus, four (voy. DU CANGE au mot furnire) ; de sorte que fournir serait rendre, donner comme fait le four dont on tire le pain. Il y a deux formes, fornir et le provençal formir, fromir ; dans cet état, il faut admettre ou que l'm s'est changée en n, ou que l'n s'est changée en m. Diez admet la mutation de l'm en n, c'est-à-dire regarde formir, fromir, comme le véritable thème ; et alors la dérivation se fait sans peine du germanique : anc. h. allem. frumjan, achever, procurer ; goth. fruma, avantage ; allem. mod. frommen, profiter. La mutation de l'n en m étant aussi possible que celle de l'm en n, c'est au sens qu'il faut demander un motif pour se décider. Or avec frumjan le sens est direct et naturel ; avec four il est métaphorique ; et, pour accepter une métaphore aussi éloignée, on aurait besoin de rencontrer des exemples de fournir avec le sens où l'idée de four intervient. Ces exemples faisant défaut absolument, l'origine germanique prend un avantage considérable. De plus, comme, dans une étymologie, on doit tenir compte de toutes les formes romanes, on comprend comment un mot germanique sans relation a pu changer son m en n ; mais on ne comprend pas qu'un mot aussi usuel et aussi connu que four ou forn ait perdu son n, pour prendre une m ; on comprend sans peine par la même raison qu'à côté de fromir, forme correcte, se soit formé formir ; mais on ne comprend pas que de forno l'italien ait fait fronire. Ces raisons semblent décisives en faveur de l'étymologie germanique.
Étymologie de fournir
Origine du mot fournir
Attesté sous la forme fornir en ancien français, de l’ancien bas vieux-francique *frumjan (« accomplir, effectuer ») → voir frommen (« être utile, servir à »), fromm (« observant, servant Dieu, pieux ») en allemand, to frame (« construire, manigancer ») en anglais, de fruma « bénéfice, avantage » (→ voir Fromm en allemand), de *frumo « premier » → voir former (« précédant »).
On explique la forme en \n\ par assimilation avec garnir de sens proche et dissimilation avec fourmir, fourmier, fromier (« trembler »).
D'après le Wiktionnaire, CC BY-SA.
L'étymologie de fournir selon le Littré
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 : l'étymologie telle que la philologie de son temps l'établissait.
Le mot fournir d'après le Littré
v. a. Procurer une provision de quelque chose ; en ce sens la chose fournie se joint au verbe par la préposition de. Fournir l'armée de blé. Lire l'article