1égalé, ée part. passé. (é-ga-lé, lée)
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1Rendu égal. La grandeur de Napoléon égalée à celle des César et des Alexandre.
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2Atteint. Les anciens égalés par les modernes.
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3Terme d'astronomie. Corrigé par des équations. Anomalie égalée.
1Rendu égal. La grandeur de Napoléon égalée à celle des César et des Alexandre.
2Atteint. Les anciens égalés par les modernes.
3Terme d'astronomie. Corrigé par des équations. Anomalie égalée.
Terme de fauconnerie. Oiseau égalé, oiseau qui porte sur le dos des mouchetures blanches appelées égalures.
1Pareil en quantité, en valeur. Cent francs en or et cent francs en billets sont des sommes égales. Deux lignes égales entre elles. Le mètre est égal à la quarante millionième partie de la circonférence de la terre.
Que m'offrirait de pis la fortune ennemie, à moi qui tiens le trône égal à l'infamieCorneille, M. de Pomp. III, 2
Il n'y a point, dit Tite Live, d'esprits plus susceptibles de jalousie que ceux qui n'ont point un mérite égal à leur naissance et à leur rangRollin, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 497, dans POUGENS
Les hommes, qui tous savent le fort et le faible les uns des autres, connaissent ceux qui leur sont égaux, sentent la supériorité que quelques-uns ont sur eux et celle qu'ils ont sur quelques autresLa Bruyère, XI
Quand trente mille hommes combattent en bataille rangée contre des troupes égales en nombreVoltaire, Candide, 4
Absolument.
Toutes choses égales, ou tout étant égal d'ailleurs, c'est-à-dire en supposant qu'il n'y ait aucune différence entre les choses dont il s'agit.
Toutes choses égales, une raison née avec quelque élévation aimerait encore mieux se tromper, en se faisant honneur, qu'en se déclarant pour un parti si ignominieux à son êtreMassillon, Car. Avenir.
La partie est égale, la partie n'est pas égale, se dit de deux joueurs, de deux combattants qui sont ou ne sont pas de même force.
Comme la partie n'est pas égale, il faut user de stratagème et éluder adroitement le malheur qui me chercheMolière, Festin de P. II, 10
Tenir la balance égale, c'est-à-dire être d'une stricte justice, d'une exacte impartialité, à l'égard d'hommes ou d'opinions qui sont en conflit.
Faire tout égal, traiter tout le monde de même, ne favoriser personne.
En termes de géométrie, égal, quand il se dit de ce qui est figuré, ne s'applique pas seulement à la valeur, mais aux angles et aux dimensions, de telle sorte qu'on puisse concevoir l'exacte superposition des figures. Un parallélogramme est partagé par sa diagonale en deux triangles égaux ; deux cercles décrits du même rayon sont égaux ; entendez que si on les applique l'un sur l'autre, ils coïncideront exactement. Quand il n'est pas question de la figure, ou quand la figure est tellement différente qu'on ne peut songer à la superposition, égal reprend son sens ordinaire, il ne signifie plus que la parité dans la quantité. Tous les parallélogrammes de même base et de même hauteur sont équivalents, c'est-à-dire égaux en surface. Des volumes égaux. La sphère est égale aux deux tiers du cylindre circonscrit.
Terme de botanique. Aigrette égale, aigrette composée de soies ayant à peu près la même longueur. Polygamie égale, ordre comprenant les syngénèses dont toutes les fleurs sont hermaphrodites.
Terme de musique grecque. Système égal, système d'Aristoxène qui divisait chaque tétracorde en trente parties égales.
2Qui jouit des mêmes droits. Tous les hommes sont égaux. Autrefois les habitants du pays n'étaient pas égaux devant la loi.
Et vous semblez d'un sang fait pour donner des lois à l'Arabe insolent qui marche égal aux roisVoltaire, Fanat. I, 2
3Qui est toujours le même, qui ne varie point. Un mouvement égal. Un style égal.
Ce Dieu.... Juge tous les mortels avec d'égales loisRacine, Esth. III, 4
En médecine, on dit que le pouls est égal, que la respiration est égale, lorsque les mouvements qui les constituent sont semblables pour la force et la durée.
4Qui est d'un caractère doux et sans hauts ni bas.
Vous étiez né doux, égal, accessibleMassillon, Car. Prodigue.
Modeste, bonne, égale, toujours obligeante, naturelle et réservéeMme DE GENLIS, Veillées du château t. I, p. 442, dans POUGENS
Se dit aussi de l'humeur, du caractère.
La supérieure n'avait jamais vu de religieuse d'une humeur aussi égaleChateaubriand, René, 216
5Égal à soi-même, qui ne se dément en rien.
Virgile a fait son héros, modéré, pieux, et par conséquent égal à lui-mêmeFénelon, t. XXIV, p. 26
Absolument.
Égal, ainsi employé absolument, a vieilli.
6Qui est objet d'indifférence. Tout lui est égal.
Toute demeure lui fut égale, toute la terre lui fut un exilFléchier, Panég. I, 352
Tout lui est égal, pourvu qu'il accable ses ennemisFénelon, Tél. X
Il y avait déjà longtemps que toutes les saisons étaient devenues égales pour les soldats de Charles et pour ceux du czarVoltaire, Charles XII, 4
Tous les hommes, tous les pays, tous les livres lui étaient égauxVAUVENARGUES, Ergaste.
Ton fils est mort, disait un guerrier à une mère, et la mère répondait en pleurant : c'est égalChateaubriand, Natch. II, 52
Familièrement. C'est égal. c'est-à-dire quoi qu'il en soit. C'est égal, il paye cher son avantage.
Qui éprouve de l'indifférence (emploi qui a vieilli).
7Uni, qui est de niveau, qui n'est pa raboteux. Un chemin égal.
8Substantivement. Celui, celle qui est égale aux autres.
Ne nous associons qu'avecque nos égauxLa Fontaine, Fabl. V, 2
Lucile aime mieux user sa vie et se faire supporter de quelques grands que de vivre familièrement avec ses égauxLa Bruyère, IX.
Accoutumons des rois la fierté despotique à traiter en égale avec la républiqueVoltaire, Brut. I, 1
Qui n'a pas d'égal, sans égal, c'est-à-dire qui ne peut être égalé.
Une tendresse qui ne saurait avoir d'égaleMme de Sévigné, 14
De ses faits je tiens registre, C'est un homme sans égalBéranger, Sénat.
9D'égal, loc. adv. Sur le pied de l'égalité.
Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée, Et pense toutefois n'avoir point de rival à qui je fasse tort en le traitant d'égalCorneille, Exc. à Ariste
Il [Abraham] traitait d'égal avec les roisBossuet, Hist. II, 2
Elle [son âme] va d'égal avec les grandes âmesLa Bruyère, XI
10À l'égal de, loc. prépos. Comme, de même que, autant que.
La seule vérité donne aux afflictions Des consolations Durables à l'égal de la sainte paroleCorneille, Imit. III, 16
Allons donner votre ordre à des pompes funèbres, à l'égal de son nom illustres et célèbresCorneille, Sertor. V, 8
À l'égal de, avec un infinitif.
Et le trépas en soi n'a rien de rigoureux à l'égal de vous rendre un rival plus heureuxCorneille, Perth. II, 1
Absolument.
C'est ce qui attire si puissamment sur nous les affections de la sainte Vierge qu'il n'y a point de mère qui puisse aller à l'égalBossuet, 2e serm. Compass. de la sainte Vierge, 2
Quant à moi qui méprise presque à l'égal les injures et les dénonciations individuelles....Mirabeau, Collection, t. IV, p. 305
À son égal, en comparaison de.
Ah ! si vous connaissiez, mes frères, ce que vous perdez en perdant la grâce sanctifiante ; si vous saviez que la perte de l'univers n'est rien à son égalMassillon, Myst. Résurr.
Wallon, ewal ; anc. wallon, enweil ; norm. ignau, qui est sans façon, c'est-à-dire égal pour tout le monde ; provenç. egual, engal ; catal. egual ; espagn. et portug. igual ; ital. eguale ; du latin aequalis, dérivé d'aequus, uni, juste. Uwel, uel est la plus ancienne forme, laquelle correspond à la forme italienne uguale. On trouve aussi, dans l'ancien français, ive, qui vient de aequus.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander