1financé, ée part. passé. (fi-nan-sé, sée)
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Payé au roi pour l'acquisition d'une charge. Une somme financée.
Payé au roi pour l'acquisition d'une charge. Une somme financée.
1Argent comptant.
Quoi ! après la figure que nous avons faite.... plier bagage, comme des croquants, au premier épuisement de finance !Hamilton, Gramm. 2
Il est familier en ce sens.
2Autrefois, somme d'argent, qui se payait au roi, soit pour la levée d'une charge, soit pour quelque droit imposé. Acheter, vendre une charge sur le pied de la finance. Une charge de cent mille livres de finance.
3Au plur. L'état de la fortune, les ressources pécuniaires d'une personne. Il est mal dans ses finances.
Il est familier en cet emploi.
4Au plur. Les recettes et les dépenses de l'État. Loi des finances. Le ministre des finances.
Pour nous, il est impossible que nous ayons jamais de règles dans nos finances, parce que nous savons toujours que nous ferons quelque chose, et jamais ce que nous feronsMontesquieu, Esp. XIII, 15
Cette seule réflexion peut faire comprendre que le ministère des finances est aujourd'hui cent fois plus difficile qu'il ne le fut du temps de ColbertVoltaire, Pol. et législ. Édits de S. M. Louis XVI
Je l'avoue à la honte de ma première école, ce fut ce livre d'Adam Smith, encore si peu connu et déjà décrié par l'administration à laquelle j'avais appartenu, qui me fit mieux apprécier la multitude de points de contact par lesquels les finances publiques atteignent chaque famille ; ce qui leur fait trouver des juges dans chaque foyerMOLLIEN, Mém. d'un ministre du trésor public, I, 9
Se dit de l'administration qui régit les deniers de l'État. Employé aux finances.
Surintendant des finances, contrôleur général des finances, intendant des finances, nom donné, dans l'ancienne monarchie, à des employés supérieurs dans les finances.
On disait de même : le bureau des finances, le conseil royal des finances.
5Au plur. L'art d'établir et de régir le trésor public. Il sait bien les finances.
Il se dit aussi en ce sens au singulier.
La finance était alors, comme la physique, une science de vaines conjecturesVoltaire, Louis XIV, 30
Esprit de finance, tendance qu'ont les administrations publiques à accroître les impôts.
Elle entretient [chez les contribuables] cette défiance, et, s'il faut le dire, cette friponnerie que l'esprit de finance a fait naître dans toutes nos législations modernes entre l'État et le citoyenRaynal, Hist. phil. XIV, 23
6Il se dit de ceux qui manient les revenus de l'État, ou de ceux qui font de grandes affaires d'argent, banquiers ou capitalistes. Un homme de finance. Entrer dans la finance.
Les grandes places de finance valent à la fois le Pactole et le LéthéDuclos, Morceaux hist. Œuv. t. X, p. 241, dans POUGENS
De tout temps la finance fut nuisible au commerce, et dévora le sein qui la nourritRaynal, Hist. phil. XII, 30
La haute finance, les banquiers, les grands capitalistes.
Les femmes de finance, les femmes des financiers.
Ces femmes de finance avaient des toilettes du meilleur goût.... c'est scandaleuxPICARD, Trois quartiers, III, 1
7Matières, affaires de finance, matières, affaires relatives aux finances.
Style de finance, termes de finance, etc. style, termes employés dans les matières de finance.
Chiffre de finance, le chiffre romain un peu modifié ; on y emploie le caractère romain ou l'italique à la place des capitales, et le b à la place du v.
Écriture de finance, écriture en lettres rondes.
Terme de typographie. Caractère de finance, caractère imitant l'écriture ordinaire.
8Vert finance, sorte de vert. Un par-dessus confectionné en vert finance, Circul. des forêts, 10 mai 1875, n° 175.
Berry, fignance ; provenç. finansa ; ital. finanza. Finance a eu aussi le sens de fin, de terminaison : Poi après prist par mort finance Jehane.... , G. GUIART, t. II, p. 480, v. 12504 (21487). C'est aussi le sens primordial dans finance, argent. Il vient de l'ancien verbe finer qui signifiait finir, terminer, conclure en général, et, dans un sens restreint, finir une affaire, terminer un différend moyennant argent (voy. FINANCER à l'étymologie).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander