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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

forcée dans le Littré

1 article· 26 citations· rimes

forcé, ée part. passé (for-sé, sée)

  1. 1À quoi on a fait violence, qu'on a tordu, brisé avec violence. Un coffre forcé. Une serrure forcée.

    • Ils [les Juifs] répandirent dans le monde que le sépulcre [de Jésus] avait été forcé ; mais le mensonge était si visible que la résurrection du Sauveur ne laissa pas de passer pour constante parmi le peuple Bourdaloue, Myst. Résurr. de J. C. t. I, p. 331
    • Un ministre est excusable du mal qu'il fait lorsque le gouvernail de l'État est forcé dans sa main par les tempêtes ; mais dans le calme il est coupable de tout le bien qu'il ne fait pas ; Mazarin ne fit de bien qu'à lui et à sa famille Voltaire, Louis XIV, 6
    • Terme de marine. Mâts forcés, mâts qui prennent un pli sur l'avant pour avoir porté trop de voile par un grand vent, ou pour avoir été trop tenus en étais.

    • Fig. Sens forcé, sens qu'on a tordu, détourné de l'acception directe et naturelle.

      • Donner les sens forcés à des passages clairs, c'est le sûr moyen de ne jamais s'entendre Voltaire, Dict. phil. Résurrection.
  2. 2Enlevé de vive force.

  3. 3À qui on a fait violence. Une femme forcée par des soldats ivres.

  4. 4Dont la résistance a été impuissante. Des troupes forcées dans leurs retranchements.

  5. 5Terme de chasse. Pris à la course et à la fatigue. Un cerf forcé par les chiens.

    • Rendre forcé, obliger la bête à se rendre. Un sanglier poussé vigoureusement par une meute de vingt bons chiens et prêt à rendre forcé par eux.

  6. 6Qui fait malgré soi quelque chose.

    • Avoir la main forcée, voy. FORCER n° 1.

    • Terme de jeux. Être forcé, être obligé de jouer de la couleur demandée ou de prendre.

    • Mat forcé, position telle, aux échecs, que le roi ne peut plus changer de place sans être fait mat au coup suivant.

    • Au domino, dé forcé, celui qu'on est obligé de mettre, n'en ayant pas d'autre. J'ai joué à dé forcé. Fermeture forcée, celle qui ne peut s'éviter.

  7. 7Qui n'est pas volontaire. Le Mariage forcé, titre d'une comédie de Molière.

    • Emprunt forcé, somme qu'un gouvernement force à lui apporter sous forme d'emprunt, et dont il paye les intérêts.

    • Travaux forcés, voy. TRAVAIL.

  8. 8Marche forcée, marche plus rapide ou plus prolongée que la marche ordinaire. Le régiment gagna la ville à marches forcées.

  9. 9Terme d'horticulture. Arbre forcé en serre, arbre dont on a hâté la végétation dans une serre.

    • Cultures forcées, celles qui ont pour but de produire des fruits ou des légumes précoces.

  10. 10Qui manque de sincérité et de liberté.

  11. 11Qui n'a ni souplesse ni liberté, éloigné du naturel, en parlant des ouvrages d'esprit.

    • Tiré de trop loin. Rapprochement forcé. Comparaison forcée.

    • Style forcé, style où l'on sort du naturel, où l'on cherche à exagérer l'énergie au moyen de mots inaccoutumés ou de figures excessives.

    • Terme de peinture. Figures forcées, figures dont l'attitude est gênée sans nécessité. Coloris forcé, coloris outré. Effet forcé, effet où l'artifice du peintre pour l'augmenter est grossièrement employé.

  12. 12Terme de marine. Temps forcé, très mauvais temps.

    • Il est rare qu'un banquier se résigne à ne pas expédier ses chaloupes ; on est souvent confondu de les voir tenir la mer par grande brise et temps forcé Rev. des Deux-Mondes, 1er nov. 1874, p. 116

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander