-
Tendre la gorge au couteau, ou, simplement, tendre la gorge, présenter la gorge pour être égorgé.
-
Fig. Tendre la gorge, ne plus faire de résistance, renoncer à une résistance inutile.
-
Tenir quelqu'un à la gorge, lui serrer la gorge avec les mains.
-
Se tenir à la gorge, se dit de deux hommes qui se sont saisis l'un l'autre à la gorge.
Je remarque dans une chambre deux hommes en chemise qui se tiennent à la gorge et aux cheveux
LE SAGE, Diable boit. II, 3 (édit. de Paris, 1737).
-
Fig. Tenir quelqu'un à la gorge, le réduire dans un état où il ne peut plus faire de résistance.
-
Fig. En un autre sens, accabler, tourmenter.
Malgré la vue de toutes nos misères qui nous touchent, qui nous tiennent à la gorge
Pascal, Grandeur, 7, édit. de FAUGÈRE.
-
Fig. Prendre quelqu'un à la gorge, lui faire violence, le presser sans relâche.
Hélas ! c'est ce lutin-là qui me prend à la gorge ; elle veut que je l'aime
Marivaux, Surpr. de l'amour, II, 4
-
Fig. Tenir le pied sur la gorge à quelqu'un, lui mettre, lui tenir le pistolet, le poignard, le couteau sur la gorge, lui porter un poignard à la gorge, lui faire violence.
J'ai été extrêmement étonné quand j'ai reconnu son écriture.... je ne crois pas pourtant qu'elle ait fait cela de sa volonté ; et il faut que vous lui ayez fait écrire le poignard sur la gorge
Voiture, Lett. 57
- Mais dis-moi, te portais-je à la gorge un poignard ? Corneille, Ment. V, 3
Il me tient, le scélérat, le poignard sur la gorge
Molière, l'Avare, II, 1
-
Par plaisanterie, la bourse sur la gorge, en offrant de l'argent.
Marton, monsieur, Marton, la bourse sur la gorge A voulu me séduire et surprendre ma foi
BOISSY, Sage étourdi, III, 5
-
Fig. Avoir le poignard, le couteau sur la gorge, se dit de la personne qui est l'objet d'une violence.
-
Couper la gorge à quelqu'un, le tuer, l'égorger. Des voleurs lui coupèrent la gorge.
-
Fig. Couper la gorge à quelqu'un, le ruiner, faire avorter ses desseins, lui faire le plus grand tort.
Couper ainsi la gorge à cette petite créature
Mme de Sévigné, 44
-
Il se dit aussi de ce qui ruine, perd, fait tort.
Elle n'ose aller à Saint-Germain ; il ne peut parler à M. Colbert : cela nous coupe la gorge
Mme de Sévigné, 128
Il ne viendra rien d'ici qui vous coupe la gorge
Mme de Sévigné, 176
-
Cet argument, cette pièce lui coupe la gorge, lui ôte tout moyen de se défendre, de soutenir ses prétentions.
-
On dit dans le même sens : Vous vous coupez la gorge par cette pièce.
-
Fig. Couper la gorge à quelqu'un, lui gagner tout son argent au jeu.
Tandis qu'il couperait la gorge au pauvre Cameran
Hamilton, Gramm. 3
-
Se couper la gorge, se donner la mort en s'ouvrant la gorge.
-
Se couper la gorge l'un l'autre, s'entre-tuer.
-
Se couper la gorge avec quelqu'un, se battre avec lui.
Il faut, si vous le trouvez bon, que nous nous coupions la gorge ensemble
Molière, Mar. forcé, 16
Je suis votre valet, je n'ai point de gorge à me couper
Molière, ib.
Ah ! la belle amitié ! je disais comme le maréchal de Grammont : si je vous faisais embrasser, messieurs, je ne vois rien qui vous empêchât de vous couper la gorge
Mme de Sévigné, 461
....De m'accorder le plaisir et l'honneur De me couper la gorge avec vous....
DESTOUCH., Glor. III, 7
-
Il en a menti par sa gorge, il en a audacieusement menti ; locution prise des combats judiciaires du moyen âge.
-
Cet homme est chatouilleux de la gorge, s'est dit d'un fripon exposé à être pendu.