1maraudé, ée part. passé (ma-rô-dé, dée)
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Pillé par les maraudeurs. Village maraudé.
Pillé par les maraudeurs. Village maraudé.
Terme de guerre. Pillage que des soldats exercent sans permission, et quelquefois avec permission.
Rosen, étranger et soldat de fortune jusqu'à avoir tiré au billet pour maraude, quoique de bonne noblesse de PoméranieSaint-Simon, 25, 32
Quatre cavaliers allant en maraude s'avancèrent jusqu'aux portes de MindenVoltaire, Louis XIV, 9
Les soldats s'irritent contre le peuple chez qui ils font la guerre, parce qu'ils ne peuvent le voler assez librement, et que la maraude est punieVAUVENARGUES, Nouv. max. 55
Quant aux chefs, comme les ordres généraux supposaient toujours des distributions régulières qui ne se faisaient jamais, chacun d'eux, suivant le degré de son zèle, de son intelligence et de sa fermeté, s'était plus ou moins emparé de la maraude, et avait changé le pillage individuel en contributions régulièresSégur, Hist. de Nap. VII, 1
Par extension.
Si un castor est surpris en maraude sur le territoire d'une tribu qui n'est pas la sienne, il est conduit devant le chef de cette tribuChateaubriand, Amér. Castors.
Fig.
Il [Chênedollé] allait à la maraude dans mes ouvragesChateaubriand, Mém. t. IV, p. 24
Voy. MARAUDER. D'après Ménage, le maréchal de Luxembourg disait mérode, attribuant le nom de la maraude au comte de Mérode (voy. MARAUD). L'espagnol dit merode, mais le mot est pris du français.
Terme d'injure et de mépris. Celui, celle qui ne mérite pas de considération.
Mais que de deux marauds la surprise infidelle Ait terminé ses jours [de mon fils] d'une tragique mortMalherbe, VI, 37
Je me déferai de ce maraud fieffé, de ce faquin d'ArganteMolière, Scapin, II, 9
Quel maraud est-ce ci ? - Maraud ! voilà quelqu'un qui me connaîtRegnard, Sérénade, 23
Ils ressemblent à ce valet de comédie ivre qui, entendant prononcer le mot de maraud, dit naïvement : maraud, voilà quelqu'un qui me connaîtD'Alembert, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1781
Il me paraît que tous les honnêtes gens ont été d'autant plus sensibles à la perte d'Helvétius, que les marauds d'ex-jésuites et les marauds d'ex-convulsionnaires ont toujours aboyé contre lui jusqu'au dernier momentVoltaire, Lett. Condorcet, 1er févr. 1772
Le bon sens du maraud quelquefois m'épouvante. - Mondor : Molière avec raison consultait sa servantePIR., Métrom. II, 11
Origine inconnue. Le portugais a maroto et les étymologistes portugais le tirent de l'arabe marudo, insolent ; mais maroto paraît n'être pas indigène et venir du français. On l'a tiré d'un comte de Mérode, commandant pendant la guerre de Trente ans un régiment de soldats pillards ; mais maraud (marault) est dans Villon, 200 ans avant le comte de Mérode. Diez conjecture l'adjectif esp. malroto, du lat. male, mal, et ruptus, ruiné ; Mahn, le lat. morator, celui qui traîne, parce que les traînards sont souvent des maraudeurs. Tout cela n'est qu'hypothèse, mais, en attendant d'autres documents, il faut noter que dans le dialecte de Corse marodi, et dans celui de Côme marò signifient maladif, et que primitivement en français maraud signifie pauvre gueux.
MARAUD. - ÉTYM. Aux diverses conjectures qui sont rapportées dans l'article, M. Bugge, Romania, n° 10, p. 155, ajoute la sienne. Suivant lui, marault (c'est la forme la plus ancienne) demande une forme antérieure maraldus (comme chaud de caldus), laquelle provient, par dissimilation, de malaldus ; mal se trouve plusieurs fois en français sous la forme mar. M. Bugge remarque que l'étymologie qu'il donne convient très bien à la notion de maraud ; l'ancien marault signifiait pauvre gueux ; le ladin marodi et dans le dialecte de Côme maro signifient maladif, et les langues romanes emploient pour exprimer maladif plusieurs mots qui se rattachent au lat. malus. À cette discussion de M. Bugge on peut ajouter que, dans le langage de Menton, maraut (pour malaut) signifie malade (Romania, juillet-oct. 1875, p. 493). C'est un trait de plus à ajouter à ceux qui indiquent une parenté entre maraud et malade et que j'ai notés dans le Dictionnaire.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander