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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

mineure dans le Littré

2 articles· 9 citations· rimes· prononciation (4)

1mineure s. f. (mi-neu-r')

  1. 1Terme de logique. Dans un syllogisme, celle des deux prémisses qui contient le petit extrême, c'est-à-dire le sujet de la conclusion ; c'est le petit terme, celui qui rapporte l'espèce au genre, tandis que la majeure rapporte le genre à l'attribut, et la conclusion l'espèce à l'attribut. Tout homme est mortel (majeure) ; or Socrate est un homme (mineure) ; donc il est mortel (conclusion).

    • La majeure en est inepte, la mineure impertinente, et la conclusion ridicule Molière, Mar. for. 6
  2. 2Terme de la faculté de théologie. L'acte le plus court de la licence qui commençait à une heure après midi et finissait à six heures.

  3. 3À la mineure, loc. adv. Aux moindres voix, à la minorité (locution vieillie).

    • Il vaudrait mieux recueillir les voix à la mineure Montesquieu, Lett. pers. 86

Étymologie

Mineur 2.

2mineur, eure adj. comparatif (mi-neur, neu-r')

  1. 1Moindre, plus petit.

    • Malgré cet exemple de Regnard, il ne s'emploie en ce sens que dans les expressions suivantes.

    • L'Asie Mineure, partie occidentale de l'Asie.

    • Terme ecclésiastique. Les quatre ordres mineurs, ou, substantivement, les quatre mineurs, les quatre petits ordres, qui sont ceux de portier, de lecteur, d'exorciste et d'acolyte. Prendre les quatre mineurs.

    • Excommunication mineure, excommunication qui prive de la participation aux sacrements et du droit de pouvoir être élu ou présenté à quelque bénéfice, à quelque dignité ecclésiastique ; par opposition à excommunication majeure.

    • Causes mineures, celles où il s'agit du jugement des simples prêtres ou de quelque point de discipline peu important.

    • Terme d'ordres religieux. Frères mineurs, religieux nommés autrefois cordeliers, ordre dont saint François d'Assise est le fondateur.

      • Au chapitre général que saint François tint près d'Assise, en 1219, où il se trouva plus de cinq mille frères mineurs qui campèrent en rase campagne, ils ne manquèrent de rien par la charité des villes voisines Voltaire, Dict. phil. Quête.
    • Les mineures, nom des religieuses de Saint-François.

    • Clercs réguliers mineurs, communauté fondée en 1588.

    • Terme de musique. Tierce mineure, tierce composée d'un ton et d'un demi-ton, comme ré fa ou mi sol. Sixte mineure, intervalle de trois tons et deux demi-tons, comme ut la bémol ou mi ut. Septième mineure, intervalle d'ut à si bémol, ou quatre tons et deux demi-tons, comme ut si bémol ou ré ut.

    • Seconde mineure, celle qui ne se compose que d'un demi-ton, comme de mi à fa.

    • Ton ou mode mineur, celui où la tierce et la sixte, au-dessus de la tonique, sont mineures. On dit dans le même sens : un air en mineur.

    • Substantivement. Passer du mineur au majeur, du majeur au mineur.

      • Demi-ton mineur, celui qui se trouve entre une des notes de la gamme et la note supérieure accidentellement bémolisée.

      • Terme de marine. Lieues mineures, celles que l'on parcourt ou que l'on compte sur un petit cercle parallèle à l'équateur.

  2. 2Terme de jurisprudence. Qui n'a point atteint l'âge prescrit par les lois pour disposer de sa personne et de ses biens. Des enfants mineurs. Une fille mineure.

    • Substantivement. Un mineur. Une mineure. Les communes sont considérées comme des mineurs.

      • Qui par fraude ont ravi les terres d'un mineur Régnier, Sat. XI
      • Un tuteur ne pourrait demeurer avec la mère de ses mineurs Fénelon, Solon
      • Le mineur est l'individu de l'un ou de l'autre sexe qui n'a point encore l'âge de vingt-un ans accomplis Code Nap. art. 388
  3. 2Ajoutez : Mineur de..., ayant moins de...

    • Art. 6 : Les pères et mères répondront des délits de leurs enfants mineurs de vingt ans Loi du 30 avril 1790
  4. 3Lit mineur d'un fleuve, le niveau bas d'un fleuve.

    • On peut s'attendre à le voir [le Rhône] sortir de son lit mineur et venir battre les murs des quais Journ. offic. 4 sept. 1872, p. 7514, 3e col.

Étymologie

Prov. et esp. menor ; ital. minore ; du lat. minorem ; minor au nominatif, avec l'accent sur mi, avait donné mendre, moindre (voy. MOINDRE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander