1mondé, ée part. passé (mon-dé, dée)
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Sené mondé. Certaines dragées fines contiennent des amandes mondées.
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Prendre de l'orge mondé, boire de l'eau dans laquelle on a fait bouillir de l'orge mondé.
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Sené mondé. Certaines dragées fines contiennent des amandes mondées.
Prendre de l'orge mondé, boire de l'eau dans laquelle on a fait bouillir de l'orge mondé.
1Tout ce que nous apercevons d'espace, de corps et d'êtres, ainsi dénommé à cause de l'arrangement et de la régularité qui y règnent. La création du monde. Plusieurs philosophes ont cru que le monde est éternel.
Tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature ; nulle idée n'en approchePascal, Pens. I, 1, édit. HAVET.
....Tellement que qui en saura les principes [de la religion] puisse rendre raison et de toute la nature de l'homme en particulier, et de toute la conduite du monde en généralPascal, ib. XI, 10
L'erreur qui a fait adorer le monde, soit qu'on le regardât comme Dieu lui-même, ou qu'on le considérât comme le corps dont Dieu était revêtuBossuet, Avert. sur le reproche d'idolâtrie, 26
Par le monde ils [les épicuriens] entendaient les cieux et la terre avec tout ce qui y est renfermé ; par l'univers, ils entendaient non-seulement les cieux et la terre, mais encore le vide infini qu'ils supposaient au delà du mondeRollin, Hist. anc. liv. XXVI, 3, 2, § 2
Sans doute, le monde tel qu'il est, est un mystère que nous ne pouvons ni nier ni comprendreMme de Staël, Corinne, X, 5
Hyperboliquement. Un monde, quelque chose de très grand.
Qui n'admirera que notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible dans l'univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout, soit à présent un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à l'égard du néant où l'on ne peut arriver ?Pascal, Pens. I, 1
Faire un monde, imaginer un système sur la formation du monde.
Les philosophes qui font un monde, ne font guère qu'un monde ridiculeVoltaire, Physique, Dissert. chang. globe.
La machine du monde, le monde considéré dans le jeu des forces qui l'animent, dans son mécanisme.
Sans qu'il nous arrive aucun accident, la machine entière du monde travaille sans cesse avec une force invincible à détruire notre corpsNICOLE, Ess. de mor. 1er traité, ch. 4
Grâces aux travaux de ces grands hommes, le monde n'est plus un dieu ; c'est une machine qui a ses roues, ses cordes, ses poulies, ses ressorts et ses poidsDiderot, Pens. philos. n° 18
Par exagération.
Je ne puis rien porter ; une cuiller me paraît la machine du mondeMme de Sévigné, 265
Âme du monde, espèce d'intermédiaire que la philosophie platonicienne plaçait entre Dieu et la matière.
Selon d'autres philosophes, l'âme du monde se confond avec Dieu même.
Familièrement. Depuis que le monde est monde, c'est-à-dire de tout temps.
Un amour qui ne demande pas mieux que de lui faire oublier son devoir, comme il fait depuis que le monde est mondeDiderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 75, dans POUGENS
L'an du monde deux mille, la deux-millième année depuis la création du monde.
Ce fut environ l'an 3000 du monde, le 488e depuis la sortie d'Égypte.... et 1000 ans devant Jésus-Christ, que Salomon acheva ce merveilleux édificeBossuet, Hist. I, 6
Terme de marine. Est du monde, l'est vrai ou corrigé, par opposition à l'est donné par la boussole.
2Les anciens croyaient généralement que le chaos avait précédé le monde qui en avait été tiré.
Fig.
3Le monde physique, le monde considéré dans ce qu'il a de sensible.
Le monde moral ou intellectuel, ou intelligent, le monde considéré par rapport aux choses morales ou intellectuelles.
Il s'en faut bien que le monde intelligent soit aussi bien gouverné que le monde physique ; car, quoique celui-ci ait aussi des lois qui, par leur nature, sont invariables, il ne les suit pas constamment comme le monde physique suit les siennesMontesquieu, Esp. I, 4
Mais de quoi jouissais-je enfin quand j'étais seul ? de moi, de l'univers entier, de tout ce qui est, de tout ce qui peut être, de tout ce qu'a de beau le monde sensible, et d'imaginable le monde intellectuelJ.-J. Rousseau, 3e lettre à M. de Malesherbes
Le monde moral et le monde physique ont la même marche ; nous nous poussons comme les flots de la mer, et nous nous succédons les uns aux autresBAILLY, Atlantide, p. 231, dans POUGENS
Le monde idéal, l'idée archétype du monde qui est en Dieu, de toute éternité, selon la philosophie de Platon.
Monde idéal, se dit d'un monde imaginaire, meilleur que le monde où nous existons.
Fig. Se créer un monde, se faire un monde idéal.
Si les hommes pouvaient, comme les femmes, se créer un monde dans leur propre cœurMme de Staël, Corinne, II, 2
Monde intelligible, le monde considéré dans les rapports qui ne peuvent être saisis que par l'intelligence.
Il semble que Locke et Clarke aient eu les clefs du monde intelligible : Locke a ouvert tous les appartements où l'on peut entrer ; mais Clarke n'a-t-il pas voulu pénétrer un peu trop au delà de l'édifice ?Voltaire, Dict. phil. Platon.
4Dans un sens particulier, le monde, notre système solaire avec les planètes, les satellites des planètes et les comètes, par opposition à l'univers qui embrasse tout ce que nous voyons d'espace et de soleils, et dans lequel le monde n'est plus qu'une parcelle.
Système du monde, l'ensemble des conditions géométriques et mécaniques suivant lesquelles notre soleil, les planètes, leurs satellites et les comètes accomplissent leurs mouvements.
5Les planètes et les étoiles qui roulent dans l'espace, considérées comme des habitations semblables aux nôtres.
Il semble que rien ne devrait nous intéresser davantage que de savoir comment est fait ce monde que nous habitons, s'il y a d'autres mondes semblables, et qui soient habités aussiFONT., les Mondes, Préface
Lorsqu'il [Sénèque] répond à la question : Quelle sera la vie du sage sur une plage déserte, dans le fond d'un cachot ? Celle de Jupiter dans la dissolution des mondes, il montre une âme forteDiderot, Claude et Nér. II, 1
Je suppose qu'il est une progression dans les perfections respectives de cette série presque infinie de mondes semés dans l'immensité de l'espaceBonnet, Contempl. nat. IV, 12
Pluralité des mondes, opinion hypothétique qui, considérant que les planètes sont des globes semblables en beaucoup de choses à la terre, admet qu'elles ont aussi des habitants. Entretiens sur la pluralité des mondes, par Fontenelle.
Je n'ai aucune intention de choquer l'auteur des Mondes [Fontenelle], que j'estime comme un des hommes qui font le plus d'honneur à ce monde-ciVoltaire, Lett. Berger, 14 mai 1738
6Le globe terrestre. Le monde sublunaire. Faire le tour du monde. Les cinq parties du monde.
M. Sauval travaille à nous faire une histoire de la ville de Paris ; vous savez que cet abrégé du monde est divisé en ville, cité et universitéGUI PATIN, Lett. t. II, p. 223
Entendez, Ô grands de la terre ; instruisez-vous, arbitres du mondeBossuet, Reine d'Anglet.
Par exagération. Tout ce qui est au monde, c'est-à-dire une foule considérable.
Tout ce qui est au monde était à ce sermon [de Bourdaloue], et ce sermon était digne de tout ce qui l'écoutaitMme de Sévigné, 13 mars 1671
Courir le monde, voyager beaucoup.
Dans une opinion vulgaire qui considérait la terre comme une surface plate, le bout du monde, le lieu où la terre se termine, un lieu très éloigné.
Hyperboliquement. Il est allé loger au bout du monde, dans un quartier fort éloigné.
On dit dans le même sens : à l'autre bout du monde.
Fig. et familièrement. C'est le bout du monde, se dit lorsqu'on estime quelque chose à son plus haut prix, à sa plus grande valeur. Si vous tirez cent francs de ce cheval, c'est le bout du monde.
Le bout du monde, se dit aussi d'un délai extrême qu'on ne peut dépasser.
Je pars, et, si je vous écris encore lundi, c'est le bout du mondeMme de Sévigné, 8 juill. 1672
De par le monde, quelque part. Il y a de par le monde un homme qui....
Du monde, se joint avec un superlatif pour exprimer avec plus de force ce qu'on affirme ou ce qu'on nie. Le meilleur homme, le plus méchant homme du monde.
Cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du mondeLesage, Turcaret, I, 12
L'invention du monde la plus heureuseVoltaire, Comm. sur la Suite du Menteur, III, 1
Cela est, cela va le mieux du monde, cela est, cela va très bien.
Nous sommes le mieux du monde ensemble, nous sommes très bien, très amis l'un avec l'autre.
Pas le moins du monde, en aucune façon.
Du monde, se joint avec le même sens à un substantif. Il dit de vous tout le bien du monde.
Si homme du monde a le don d'obscurité, avouons que c'est celui-ciGuez de Balzac, le Barbon.
Voilà qui me ferait plus de mal mille fois qu'à personne du mondeMme de Sévigné, 26 juill. 1676
Par exagération. Tout au monde, tout ce qui est dans le monde ; rien au monde, rien de ce qui est dans le monde. Je donnerais tout au monde pour l'avoir. Rien au monde ne le fera céder. Terme de blason. Globe terrestre que l'on voit sur les tiares des papes ou sur les couronnes des empereurs. On en trouve aussi dans quelques armoiries particulières.
7Le monde, ce bas monde, ce monde, la terre que les hommes habitent, par opposition au ciel, au royaume céleste. On n'a pas toutes ses aises en ce monde.
Sur quoi fondera-t-il [l'homme] l'économie du monde qu'il veut gouverner ? sera-ce sur le caprice de chaque particulier ? quelle confusion ! sera-ce sur la justice ? il l'ignorePascal, Pens. III, 8, édit. HAVET
La mort délivre l'âme... de la concupiscence des membres, sans laquelle les saints ne viennent point dans ce mondePascal, Lettres sur la mort de son père
Le royaume de son Fils [de Dieu] n'était pas de ce mondeBossuet, Hist. II, 4
Il y a un royaume qui n'est pas de ce mondeFléchier, Mar.-Thér.
Voilà une pensée qui n'est pas de ce mondeMarivaux, Sec. surp. de l'am. I, 1
Comptez que le monde est un grand naufrage, et que la devise des hommes est, sauve qui peutVoltaire, Lett. le Chevalier de R.... X..., 20 sept. 1760
Un système de perfection qui n'était pas de ce monde et n'existait que dans les livresMarmontel, Mém. X
Dans le langage de l'Écriture, la figure de ce monde passe, c'est-à-dire tout ce qui est dans le monde n'a rien de solide ni de permanent.
Les chrétiens regardent.... la figure du monde comme un songeMassillon, Carême, Mauvais riche.
Venir au monde, naître.
C'est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est venu au mondeSaci, Bible, St-Jean, 1re épît. III, 8
Alexandre naquit la première année de la cent-sixième olympiade ; le même jour précisément qu'il vint au monde, le fameux temple de Diane fut brûlé à ÉphèseRollin, Hist. anc. Œuvr. t. VI, p. 157, dans POUGENS
Fortunio Liceti, savant recommandable du XVIe siècle, qui vint au monde à l'âge de cinq mois, et que son père, médecin de réputation, conserva par les soins les plus minutieuxCABANIS, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. I, p. 125
Par extension, venir au monde, survenir, arriver.
Cela est donc venu au monde depuis votre sociétéPascal, Prov. V
Être au monde, être en vie. Cesser d'être au monde, n'être plus au monde, ne plus exister.
Il n'était plus au monde, c'était à un mort que j'écrivaisMme de Sévigné, 364
Quand il ne serait plus au mondeBossuet, Hist. III, 5
Si le fils de Thétis n'eût point été au monde dans le même tempsFénelon, Tél. XIX.
Hé ! Madame, songez-vous encore que je sois au monde ?BARON, Homme à bon. fort. II, 11
Pour être l'objet des événements les plus terribles, il n'est seulement question que d'être au mondeMarivaux, Marianne, 9e part.
Par extension.
Se savoir bon gré d'être au monde, être très satisfait de soi-même, de sa position, etc.
D'où vient qu'il parle plus haut que les autres, et se sait si bon gré d'être au monde ?Montesquieu, Lett. pers. 48
Mettre un enfant au monde, donner naissance à un enfant.
C'est un homme voluptueux, qui ne cherche qu'à faire grande chère, et qui croit que Dieu l'a mis au monde pour tenir tableVoltaire, Zadig, 18
Fig. Mettre au monde, faire connaître, donner une certaine illustration.
Celui-ci était.... un gentilhomme tout ordinaire de Lyon ; ce qui les mit au monde [lui et sa famille] fut le mariage de son frère avec la sœur utérine de Mme de la VallièreSaint-Simon, t. XVII, p. 376, éd. CHÉRUEL.
8Le monde ancien, ou le monde des anciens, ce que les anciens connaissaient du globe terrestre.
Ce voyage de Gama fut ce qui changea le commerce de l'ancien mondeVoltaire, Mœurs, 141
Le nouveau monde, le continent de l'Amérique.
En sorte qu'à son tour le nouveau monde paraît avoir des représentants dans l'ancienBuffon, Quadrup. t. VII, p. 276
Ce fut en allant à la recherche du Zipangui de Marc Pol que Christophe Colomb découvrit le nouveau mondeSILV. DE SACY, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. VII, p. 415
Nouveau monde, variété d'œillet.
Le nouveau monde n'est point estimé des connaisseurs,Culture des fleurs, ch. 2, dans RICHELET
Monde nouveau, tout ce que l'on connaît aujourd'hui du globe terrestre, par opposition à monde ancien qui ne comprenait qu'une partie de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique.
Monde maritime, l'Océanie et ses dépendances.
Fig.
Fig. Un monde tout différent, une manière tout autre de sentir, de comprendre, d'exprimer.
Quand on passe de Cinna à Polyeucte, on se trouve dans un monde tout différentVoltaire, Comm. Corn. Polyeucte, Épît. dédic.
Fig.
Mettre un monde entre.... établir une extrême différence entre.... Cela seul [les vous de Polyeucte opposés aux tu de Pauline] met tout un monde entre le martyr Polyeucte et la païenne PaulineChateaubriand, Génie, II, III, 8
Familièrement. De quel monde venez-vous ? ou bien, vous n'êtes pas de ce monde, se dit à quelqu'un qui ne paraît pas instruit d'une chose que tout le monde sait.
9Hyperboliquement. Un lieu vaste et très peuplé. Paris est un monde.
C'est une république, c'est un monde que votre château, je n'y ai jamais vu cette fouleMme de Sévigné, 459
10Monde se dit pour exprimer un ensemble de pays, de sociétés, de civilisation. Le monde oriental. Le monde grec. Le monde du moyen âge.
On dit de même : le monde chrétien, le monde des fidèles.
Dès le moment que nous entrons dans l'Église, qui est le monde des fidèles et particulièrement des élusPascal, Lett. sur la mort de son père
Les États qui composent le monde chrétienBourdaloue, Serm. 22e dim. après la Pentecôt. Domin. t. IV, p. 341
Le monde politique, la société et son gouvernement.
Il est certain, et les peuples s'en convaincront de plus en plus, que le monde politique, aussi bien que le monde physique, se règle par poids, nombre et mesureFontenelle, Montmort.
11La totalité des hommes, le genre humain. L'opinion du monde. Jésus-Christ est le Sauveur du monde.
Avant lui [Jésus-Christ], le monde vivait dans une fausse paixPascal, Pens. XXIV, 62
Cette civilisation [celle de l'Europe] contient l'avenir du mondeJOUFFROY, Mél. de l'état act. de l'hum.
12Les hommes en général, la plupart des hommes.
À quoi pense le monde ?.... à danser, à jouer du luth, à chanter, à faire des vers, à courir la bague.... sans penser à ce que c'est.... qu'être hommePascal, Pens. XXIV, 53
Le monde juge bien des choses ; car il est dans l'ignorance naturelle qui est le vrai siége de l'hommePascal, ib. III, 18
Il [Alexandre] a souhaité de faire du bruit dans le monde durant sa vie et après sa mortBossuet, la Vallière.
Le monde, qui n'est pas bon, mène souvent la passion des autres plus loin qu'elle n'est alléeBARON, l'Homme à bonnes fortunes, I, 4
Le monde me dédaigne, il me rejette, nous ne changerons pas le mondeMarivaux, Marianne, 7e part.
L'expérience m'a convaincu que ce monde est une espèce de bois infesté de brigands : l'histoire m'assure de plus qu'il n'a jamais été autre choseD'Alembert, Mélanges, t. V, Réflexions sur l'histoire.
13Un certain nombre de personnes. Peu de monde. Beaucoup de monde. Il a amené beaucoup de monde avec lui. Le monde commençait à venir.
Une grande partie du monde alla coucher à ReimsPELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 61, dans POUGENS
C'est ainsi que Candide, Martin et le Périgourdin raisonnaient sur l'escalier, en voyant défiler le monde au sortir de la pièceVoltaire, Candide, 22
Le manque de soins avait fait périr autant de monde que les armesVoltaire, Mœurs, 174
On m'a mandé qu'on avait démoli un temple auprès de la Rochelle, et qu'il y avait eu du monde tuéVoltaire, Lett. d'Argence, 10 juillet 1767
Le prince Eugène veut attaquer un pont ; il y perd du mondeVoltaire, Louis XIV, 23
Il y eut ce soir un monde prodigieux au cercle de la reineMme de Genlis, Mlle de la Fayette, p. 265, dans POUGENS
Avoir du monde, avoir chez soi un certain nombre de personnes.
Quand j'ai du monde, je travaille à ce beau parement d'autelMme de Sévigné, 62
Vous me demandez ce que nous lisons ; dès qu'on a le moindre monde, on ne lit plusMme de Sévigné, 23 nov. 1689
Ah ! oui, j'ai bien le temps de m'arrêter, avec le monde que nous avonsPICARD, Collatéral, IV, 4
Recevoir du monde, recevoir chez soi des personnes qui viennent rendre visite.
.... Je ne me sens pas, En ce moment, d'humeur à recevoir du mondeCOLLIN D'HARLEV., Chât. en Esp. II, 6
Monde se dit aussi pour une seule personne. N'entrez pas, il y a du monde dans son cabinet.
À cet emploi de monde, correspond personne. Y a-t-il du monde ici ? il n'y a personne.
14Le monde, les gens, vous, nous, le premier venu. Il ne faut pas accuser le monde légèrement. Devant le monde, en public.
Si bien qu'on ne peut se moquer du monde d'une façon plus grossière qu'en nous donnant ces discours comme fort anciensBossuet, Var. XI, 126
Ce qui est écrit noblement dans Homère devient aussi bas et aussi dégoûtant dans le Trissin [poëte italien] que les caresses d'un mari et d'une femme devant le mondeVoltaire, Ess. poés. épique, ch. V
Familièrement et avec un ton de plainte. Le pauvre monde, les gens, vous ou moi.
Voilà qui est beau de se moquer ainsi du pauvre mondeVOISENON, Hist. de la sultane Grisemine, Œuvr. t. V, p. 67, dans POUGENS.
15Tout le monde, chacun.
Il aurait fallu commencer par imiter M. le duc d'Orléans [qui s'était fait inoculer] ; il faudrait donner la petite vérole à tout le monde pour sauver tout le mondeVoltaire, Lett. Delisle, 27 mai 1774
On peut employer le pronom leur avec tout le monde.
Avec quelle condescendance engageait-elle tout le monde à leurs devoirs en s'acquittant des siens envers tout le monde !LE P. DE LA RUE, Or. fun. du Dauphin et de la Dauphine.
Le bon prince [Charles II] commençait à être de mauvaise humeur.... il laissait tout le monde en repos dans leur commerce, et cependant on avait souvent l'insolence de troubler le sienHamilton, Gramm. 13
Tout le monde, le premier venu.
Si j'étais la Fontaine et si Mme du Châtelet avait le malheur de n'être que Mme de Montespan, je lui ferais une épître en vers, où je dirais ce qu'on dit à tout le mondeVoltaire, Lett. Thieriot, 1er mars 1736
Madame sort sans livrée ! nous avons l'air de tout le mondeBeaumarchais, Mère coupable, I, 2
16Hyperboliquement. Un monde, une grande quantité de personnes.
Un monde d'adversaires élevés contre lui, tant au dedans qu'au dehors de l'Académie, ne l'ébranla pointFontenelle, Méry.
Absolument.
Une grande quantité de choses.
Contre un monde de recettesLa Fontaine, Ann.
Je vous écrivais tout à l'heure que je brûlais d'aller à Paris ; à présent je tremble d'y trouver un monde d'affairesDiderot, Lett. Voland, 28 oct. 1760
Dans le peu de paroles qu'avait prononcées cet homme, j'avais entrevu un monde de douleurs secrètesL. REYBAUD, Jérôme Paturot, Introduct.
17Avec l'adj. possessif, les domestiques. Il a congédié tout son monde.
On dit ordinairement en parlant : tout mon monde est venu, son monde n'est pas venu, pour dire : tous mes gens ou tous mes domestiques sont venus, ses gens ne sont pas venus ; mais il le faut éviter comme un terme bas, et, si j'ose le dire, de la lie du peupleVAUGELAS, Rem. t. I, p. 277, dans POUGENS
Son monde, pour dire ses gens, ses domestiques, n'est point un terme de la lie du peuple, comme il est qualifié dans cette remarque ; il est de la conversation et du style familier, et on ne doit point blâmer ceux qui disent : son appartement est fort commode, il a tout son monde autour de luiAcadémie, Observations sur Vaugelas, p. 91
Il savait bien qu'il n'avait pas besoin de tout ce monde, mais il croyait que tout ce monde avait besoin de luiFléchier, Duc de Mont.
Les gens qui sont sous les ordres de quelqu'un. Ce capitaine n'avait avec lui que la moitié de son monde.
Le lendemain, au premier lever de l'aurore, je fais embarquer tout mon mondeFÉNEL., t. XXI, p. 409
Un certain nombre de personnes que l'on attend. Notre monde n'est pas encore arrivé.
Mon souper est prêt ; attendons notre mondeAL. DUVAL, Jeunesse de Richel. V, 1
La famille, les gens qu'on a autour de soi Tout mon monde vous fait ses compliments.
Tout notre monde vous est extrêmement obligé de l'honneur de votre souvenirGuez de Balzac, liv. VIII, lett. 46
On dit de ses enfants jeunes : mon petit monde.
Fig. Connaître son monde, savoir à qui l'on a affaire. Apprendre à quelqu'un à connaître son monde, lui faire la leçon, le remettre à sa place.
Si vous m'en croyez, nous leur jouerons tous deux une pièce qui leur fera voir leur sottise et pourra leur apprendre à connaître un peu mieux leur mondeMolière, Préc. 1
18Dans la marine, l'équipage, ou une partie de l'équipage. En haut le monde ! appelez le monde ! On met du monde sur telle ou telle manœuvre qu'on veut haler. Tout le monde sur le pont ! Envoyer du monde à terre.
Faire passer du monde sur le bord, faire descendre, quand un officier ou un étranger vient à bord d'un vaisseau, le long de l'échelle quelques matelots qui veillent sur lui pendant le trajet à faire de l'embarcation qui l'a apporté au pont du navire, le préservent des chutes ou autres accidents et le reçoivent le bonnet à la main.
19La société des hommes, ou une partie de cette société. L'usage du monde. Il ne voit qu'un certain monde.
....C'est une folie à nulle autre seconde De vouloir se mêler de corriger le mondeMolière, ib. I, 1
Le peuple et les habiles composent le tiers du mondePascal, Pens. III, 18
Enfin, le voilà jeté dans le monde, et il y fait fort bienMme de Sévigné, 498
Elle sut se prêter au monde avec toute la dignité que demandait sa grandeurBossuet, Mar.-Thér.
Je veux confondre le monde par ceux que le monde même révère le plus, par ceux qui le connaissent le mieux, et ne lui veux donner pour le convaincre que des docteurs assis sur le trôneBossuet, Duch. d'Orl.
Les pensées ambitieuses sans lesquelles on n'est pas du mondeBossuet, 3e serm. Pentec. 1
Le monde est une comédie qui se joue en différentes scènes ; ceux qui sont dans le monde comme spectateurs, souvent le connaissent mieux que ceux qui y sont comme acteursBossuet, Pensées chrét. 30
Dans ces déplorables erreurs, la princesse palatine avait les vertus que le monde admire, et qui font qu'une âme séduite s'admire elle-mêmeBossuet, Anne de Gonz.
On admire en elle des qualités qui la rendent parfaite selon le mondeBourdaloue, Concept. de la Vierge, Myst. t. II, p. 55
Il ne pouvait ignorer qu'entre les gentils il y avait eu des sages du monde, des hommes distingués selon le mondeBourdaloue, Myst. Épiphanie, t. I, p. 94
Qu'il y avait un art innocent de séparer les pensées d'avec les paroles, et que la probité pouvait souffrir ces complaisances mutuelles qui, étant devenues volontaires, ne blessent presque plus la bonne foi, et maintiennent la paix et la politesse du mondeFléchier, duc de Mont.
Le monde, et surtout MM. les évêques sont très mécontents de ce qu'on vient de faire pour les nouveaux convertisMme de Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 3 janv. 1698
Le monde est un menteur, il nous promet des plaisirs, et il ne donne que des peinesMme de Maintenon, Lett. à Mme de Fontanes, 1695
Point ne me chaut ce que le monde en penseCHAUL., Bouquet, 5
La pécheresse de l'Évangile était du mondeMassillon, Carême, Samar.
Dans ces maisons de retraite.... l'esprit du monde y règne quelquefois plus que dans le monde mêmeMassillon, Carême, Vocation.
Une telle situation mit Villars fort dans le monde, et dans un monde fort au-dessus de luiSaint-Simon, 3, 51
Heureux qui jouit agréablement du monde ! plus heureux qui s'en moque et qui le fuit !Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 20 janv. 1769
J'entre avec une secrète horreur dans ce vaste désert du mondeJ.-J. Rousseau, Hél. II, 14
La nature lui avait donné le goût des sciences et une sorte de répugnance pour le monde, c'est-à-dire pour la dissipation sans plaisir, la vanité sans motif et l'oisiveté sans reposCondorcet, Courtanvaux.
Le monde, dit Luther, ressemble à un paysan ivre : veut-on le mettre en selle d'un côté, il tombe de l'autreVILLERS, Kant, p. 135
Elle est sœur de Mme d'Olcy, que vous avez certainement rencontrée dans le mondeMme de Genlis, Adèle et Théodore, t. I, p. 53, dans POUGENS
Aller dans le monde, fréquenter la société, aller dans les salons, dans les bals, les concerts, etc.
Cette dame laissait croire que j'étais destinée à son fils ; mais elle me laissait aller dans le monde sur ce pied-làMarivaux, Marianne, 5e part.
Les filles vivent dans les couvents, et les femmes courent le mondeJ.-J. Rousseau, Ém. V
Mettre quelqu'un dans le monde, l'introduire dans la société.
Homme du monde, homme qui vit dans la société et qui en sait les usages.
Au pluriel, les gens du monde, voy. GENS, n° 3.
Savoir son monde, savoir bien le monde, savoir vivre et se conduire dans le monde. Avoir du monde, même signification.
Est-il possible, notre gendre, que vous sachiez si peu votre monde ?Molière, G. Dand. I, 4
Cela est étrange qu'on ne puisse avoir en province un laquais qui sache son mondeMolière, la Comtesse d'Escarb. I, 2
Un homme qui ne sait pas le mondeMme de Sévigné, 89
Voilà la reine des filles pour entendre parfaitement bien son monde !BRUEYS, Muet, IV, 12
M. de Coulanges est bien en peine de savoir laquelle de vos madames y prend goût [à mes lettres] ; nous trouvons que c'est un bon signe pour elle ; car mon style est si négligé qu'il faut avoir un esprit naturel et du monde pour s'en pouvoir accommoderMme de Sévigné, 23 déc. 1671
[Calvisson] c'était une fort vilaine figure d'homme, mais avec beaucoup d'esprit, de lecture et de mondeSaint-Simon, 78, 2
Je ne puis deviner quel est son projet ; mais il a du monde, de l'espritDancourt, Moulin de Javelle, sc. 26
Manquer de monde, être sans monde, ne pas connaître les usages de la société distinguée.
J'entendis une fois Mme de *** dire à son amie : Il manque de monde, mais il est aimableJ.-J. Rousseau, Confess. VI
De paisibles campagnards sans monde et sans politesseJ.-J. Rousseau, Hél. V, 2
Connaître le monde, connaître les hommes.
Il a de l'esprit, de l'honnêteté, il connaît le mondeMme de Sévigné, 280
La science du monde, la connaissance de la manière de voir de la société.
Ces sacrifices que les ambitieux appellent la science du mondeFléchier, Duc de Mont.
Vous ne changerez pas le monde, c'est-à-dire il faut accepter les usages, les opinions, les manières de faire.
N'être plus du monde, n'être plus dans le commerce du monde, ne plus fréquenter la société.
On dit dans le même sens : quitter le monde, renoncer au monde, se retirer du monde.
Je m'applaudis tous les jours de m'être retiré à la campagne depuis quinze ans.... il y a, je l'avoue, un grand mal dans cette privation, c'est qu'en quittant le monde, je vous ai quittéeVoltaire, Lett. Mme du Deffant, 20 janv. 1769
Voilà le monde, c'est ainsi que les choses changent, que la fortune porte ses coups, que les sentiments tournent.
La maréchale de Clérambault aura son paquet à Poitiers ; c'est-à-dire au même lieu où elle avait reçu l'ordre de venir au Palais-Royal ; voilà le mondeMme de Sévigné, 391
Enfin voilà Mme de Richelieu à la place de Mme de Montausier ; quelle joie pour bien des gens ! quel chagrin pour d'autres ! voilà le mondeMme de Sévigné, 22 nov. 1671
Ainsi va le monde, c'est ainsi que les hommes agissent, se conduisent.
C'est le monde renversé, se dit quand une chose se fait contre l'ordre et la raison.
C'est un homme qui doit à Dieu et au monde, c'est-à-dire il est fort endetté.
20Le grand monde, la société distinguée par les richesses, par les dignités de ceux qui la composent. Être reçu dans le grand monde.
Toute sa vie [Villeroy] nourri et vivant dans le plus grand mondeSaint-Simon, 392, 62
Des gens puissants, qui ont du crédit ou des dignités, et qui composent ce qu'on appelle le grand mondeMarivaux, Marianne, 5e part.
Le plus grand monde était de ses soupers et de ses fêtesMarmontel, Mém. IV
Par degrés l'accoutumant à faire les honneurs de sa maison, la mit dans le plus grand mondeMme de Genlis, Mlle de la Fayette, p. 14, dans POUGENS
Grand monde signifie aussi une société nombreuse.
Familièrement. Le petit monde, les gens du commun. Le peuple dit : il ne faut pas tant mépriser le petit monde.
Le beau monde, la société la plus brillante, celle qui est distinguée par l'élégance en tout genre.
Voilà le beau monde qui prend le chemin de nous venir voirMolière, Préc. 12
Mon hôtesse, sans s'informer des motifs de ma curiosité, me mena à une église où tout le beau monde allait à la messeMme DE TENCIN, Malh. de l'amour, Œuv. t. IV, p. 161, dans POUGENS.
Mme de Genlis trouvait le beau monde une façon de parler basse, Mém. t. V, p. 92, dans POUGENS.
Voir le beau monde, fréquenter les personnes de distinction.
En un autre sens. Du beau monde, des gens bien mis. J'ai vu là beaucoup de beau monde.
Le monde savant, le monde lettré, les hommes qui s'occupent particulièrement des sciences, des lettres.
Le monde géomètre, les géomètres.
L'universalité surprenante des méthodes [dans le calcul différentiel], l'élégante brièveté des démonstrations.... tout attirait les esprits, et il se faisait dans le monde géomètre une révolution bien marquéeFontenelle, Rolle.
Demi-monde, gens d'une réputation équivoque ; se dit surtout des femmes galantes, entretenues.
Le demi-monde littéraire, des littérateurs de dernière classe.
21En langage de dévotion, la vie des hommes qui ont les mœurs peu sévères du siècle.
Dans l'âme elle est du mondeMolière, Mis. III, 3
Seigneur, prenez mes affections que le monde avait voléesPascal, Prière pour le bon usage des malad.
Le monde que je sais avoir été véritablement le meurtrier de celui que je reconnais pour mon Dieu et mon père, qui s'est livré pour mon propre salutPascal, ib.
Il fallait autrefois sortir du monde pour être reçu dans l'Église, au lieu qu'on entre aujourd'hui dans l'Église en même temps que dans le monde ; on connaissait alors par ce procédé une distinction essentielle du monde d'avec l'Église ; on les considérait comme deux contraires, comme deux ennemis irréconciliables....Pascal, Compar. des chrét. des premiers temps, etc.
Il faut que le monde vous désabuse du monde ; ses appas ont assez d'illusions, ses faveurs assez d'inconstance, ses rebuts assez d'amertumeBossuet, la Vallière.
Reconnaissez ici le monde, reconnaissez ses maux toujours plus réels que ses biensBossuet, Ann. de Gonz.
L'un [amour] est l'amour de soi-même poussé jusqu'au mépris de Dieu, c'est ce qui fait la vie ancienne et la vie du monde ; l'autre....Bossuet, la Vallière.
L'honneur du monde, mes frères, c'est cette grande statue que Nabuchodonosor veut que l'on adoreBossuet, 1er serm. Dim. des Ram. Préambule.
Ce qu'on appelle le monde, les sectateurs du monde, les esclaves du monde, ces hommes et ces femmes remplis de l'esprit du monde, connaissent-ils Dieu ?Bourdaloue, Instruct. pour l'Avent, Exhort. t. II, p. 219
Le monde, que saint Augustin appelle la région des faussetés et des mensongesFléchier, Duc de Mont.
Le monde qui ne peut cesser d'être monde, c'est-à-dire corrompuFénelon, Éduc. filles, 8
Vous leur persuadez que le monde n'est pas si incompatible avec le salut qu'on le penseMassillon, Carême, Resp. hum.
Une vie mêlée, tantôt de retraite et de vertu, tantôt de monde et de faiblesseMassillon, Carême, Tiédeur, 2
22La vie séculière, par opposition à la vie monastique. Abandonner le monde. Un religieux qui rentre dans le monde.
Le désir qu'elle avait eu de renoncer au mondeFléchier, Dauph.
23L'autre monde, la vie par delà le tombeau.
N'ayant de communication qu'avec les morts, je ne vous saurais raconter que des nouvelles de l'autre mondeGuez de Balzac, liv. I, lett. 9
Et aussi les deux mondes : la création d'un nouveau ciel et nouvelle terre ; nouvelle vie, nouvelle mortPascal, Pens. XXIV, 12
Familièrement. Envoyer dans l'autre monde, tuer.
Si vous n'y prenez garde, il prendra tant de soins de vous qu'il vous enverra dans l'autre mondeMolière, Mal. im. III, 3
Aller dans l'autre monde, mourir.
Il faut toujours avoir son paquet prêt et le pied à l'étrier, pour voyager dans cet autre monde, où, quelque chose qui arrive, les rois n'auront pas grand créditVoltaire, Lett. Mme Denis, 18 déc. 1752
24Fig. L'autre monde, se dit du passé, du monde d'autrefois, de ce qui n'est plus à la mode, dans l'usage.
Il fait voir que la vertu de Caton était de l'autre monde et non pas de celui-ciGuez de Balzac, 6° disc. sur la cour.
Que la foi lui paraît [au monde] simple et mal habile !... que la piété chrétienne lui semble être de l'autre monde !Bossuet, 3e serm. Pentec. I
Des gens de l'autre monde, des gens qui n'appartiennent plus au temps présent, qui ne connaissent pas les usages du monde.
Ce que je ne puis comprendre, c'est que vous vous teniez tous deux à l'écart [M. et Mme de Grignan] pour des gens de l'autre monde, et qui ne sont plus en état de penser à la fortune et aux grâces de Sa MajestéMme de Sévigné, 13 mars 1680
Je trouvai, dans cette maison, une compagnie plus de l'autre monde que de celui-ciSTAAL, Mém. t. I, p. 315
Fig. Il semble qu'il vienne de l'autre monde, se dit d'un homme qui paraît ignorer ce qui se passe publiquement, les choses que tout le monde sait.
Je viendrais d'un autre monde, si j'ignorais les éloges qu'elle [une reine] a reçus en celui-ci de la voix de tous les peuplesGuez de Balzac, lett. 10, liv. VI
Dire des choses de l'autre monde, dire des choses étranges, incroyables.
25Titre de diverses publications périodiques ou non, qui exposent des choses relatives au monde. Le Monde illustré. Le Monde religieux.
26Petit monde, poisson du genre des quatredents.
27Grand monde, sorte de papier d'une grande dimension.
28
Monde d'or, quartz résinite (l'hydrophane des minéralogistes), connu des bijoutiers sous le nom d'œil du monde ; sa qualité spongieuse lui permet d'absorber une quantité d'eau qui, en reflétant les couleurs du spectre solaire, lui donne le chatoiement de l'opaleDE LABORDE, Émaux, p. 396
1. Bouhours (Nouv. Rem.) hésite sur la locution avoir du monde, il a beaucoup de monde, pour dire avoir l'usage du monde : " Plusieurs personnes qui se piquent de politesse, parlent de la sorte ; mais plusieurs personnes polies en font scrupule, et c'est ce qui me rend la phrase suspecte. Pour m'en servir, je voudrais qu'elle fût plus établie. " Cette locution s'est en effet établie. 2. Th Corneille remarque que un monde de.... pour signifier une infinité, une multitude, n'est plus usité ; mais la Fontaine s'en est très bien servi ; et la locution a repris faveur.
Provenç. mun, mon, mont ; cat. mon ; esp. et port. mundo ; ital. mondo ; du latin mundus, proprement ce qui est ordonné, bien disposé (voy. MONDE 2). Mundus, ayant les deux sens d'ornement, bon arrangement et de monde, est la traduction du grec ϰόσμος, qui a aussi ces deux sens. Dans ϰόσμος, le sens d'orner, d'arranger est le premier, et celui de monde est secondaire, dû, suivant Plutarque, aux pythagoriciens qui considéraient le monde comme un arrangement. La même idée a déterminé l'emploi latin de mundus ; au sens de monde, il se trouve dès Ennius et Plaute ; l'on sait d'ailleurs que, grâce à la grande Grèce, la philosophie pythagoricienne n'était pas ignorée à Rome, dès ce haut temps.
Terme usité seulement en style de l'Écriture sainte et signifiant pur, sans souillure. Les animaux mondes et les animaux immondes.
Prov. mund, mon, monde ; espagn. et ital. mondo ; du lat. mundus, pur, net. L'ancienne langue usait de ce mot en tous les cas, et c'est dommage qu'on l'ait réduit à un emploi tout restreint.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander