Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

moulée dans le Littré

3 articles· 14 citations· rimes· prononciation

1moulée s. f. (moulée)

  1. Poudre qui se rassemble sous la meule des taillandiers et qui est mêlée de petites parties de fer et de pierre, synonyme de moulard ou moularde ; on s'en sert dans la teinture.

    • Moulée pour teindre, le baril estimé 50 sous, Décl. du roi, nov. 1640, tarif
    • Il est défendu à tous teinturiers d'employer de la moulée des taillandiers et émouleurs, limaille de fer ou de cuivre, vieil sommail [sumac] qui a servi à passer les maroquins, Règl. sur les manuf. août 1669, teinturiers en laine, art. 6

Étymologie

Meule à repasser, parce que la moulée était la poudre de pierre et de fer qui tombe de ces meules.

2moulée s. f. (mou-lée) supplément

  1. Terme de marchand de bois. Beau bois de chauffage, ainsi nommé parce qu'il se mesure avec une mesure dite moule.

    • Cette essence [le chêne], qu'on rencontre généralement associée au hêtre dans une trop faible proportion, est très recherchée et estimée, avec son écorce, dans la moulée marchande Mém. de la Soc. cent. d'agric. 1873, p. 289
    • On s'attend à une augmentation sur les bois de moulée, après les adjudications Journ. offic. 16 sept. 1872, p. 6044, 2e col.
    • Dans le Morvan, le pays du flottage à bûches perdues ; vous ne savez pas ce que c'est ? eh bien ! pendant l'hiver on fait la moulée, l'abatis des arbres, et puis les bûches, martelées à la marque de chaque marchand, attendent l'époque du flot TH. BENTZON, Rev. des Deux-Mondes, 1er juin 1876, p. 553

Étymologie

Mouler 1.

3moulé, ée part. passé (mou-lé, lée)

  1. 1Jeté en moule. Un buste moulé. Chandelle moulée.

    • Fig.

      • Le Saint-Esprit.... formant en nous les traits naturels et une vive image de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sur lequel nous devons être moulés Bossuet, 2e panég. Saint-François de Paule, 1
    • Colonne moulée, colonne faite par impastation de gravier et de cailloux de diverses couleurs.

    • Terme de médecine. Matières moulées, excréments assez consistants pour conserver, après l'excrétion, la forme du rectum.

  2. 2Lettre moulée, lettre imprimée ou qui imite l'imprimé.

    • Il [d'Hacqueville] croit que son écriture est moulée ; mais vous qui parlez, mandez-moi comment vous vous en accommodez Mme de Sévigné, 65
    • C'est l'imprimerie qui met le monde à mal ; c'est la lettre moulée qui fait qu'on assassine depuis la création ; et Caïn lisait les journaux dans le paradis terrestre Paul-Louis Courier, Lettre IX
    • L'emploi de garde des manuscrits, d'habiles gens le demandaient ; on le donne à Gail, qui ne lit pas même la lettre moulée [les imprimés] Paul-Louis Courier, Lettre à MM. de l'Académie.
    • Il croit tout ce qui est moulé, se dit d'un homme simple qui défère à l'autorité de quelque livre que ce soit.

    • Il faut croire que cela est vrai, car il est moulé, c'est-à-dire imprimé.

    • On dit d'un érudit : il lit les hiéroglyphes, les écritures cunéiformes, etc. comme lettre moulée.

    • S. m. Le moulé, les caractères imprimés.

      • On a ouvert et supprimé tous les paquets qui contenaient du moulé, de quelque nature qu'ils fussent ; ainsi on a coupé les vivres à l'âme Voltaire, Lett. Cideville, 4 juin 1763
      • Elle était manuscrite, et il ne fallait à M. l'avocat que du moulé J.-J. Rousseau, Conf. V
      • Ils ont donné leur argent ou leur parole dans l'espoir de voir leur nom moulé BACHAUMONT, Mém. secrets, t. XXXIV, p. 232
      • La moulée, genre d'écriture. La ronde, la moulée.

  3. 3Terme d'architecture. Marches moulées, celles qui ont une moulure avec un filet au bord de leur giron.

  4. 4Ancien terme de draperie. Qui a une moulure.

    • Les serges de Londres.... seront travaillées à trame moulée, et battues à quatre coups Lett. pat. 21 août 1718

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander