1palé, ée adj. (pa-lé, lée)
-
Terme de blason. Écu palé, écu meublé de plusieurs pals, partagé par un pal.
Étymologie
Pal.
Terme de blason. Écu palé, écu meublé de plusieurs pals, partagé par un pal.
Pal.
1Terme de marine. Le plat de l'aviron, la partie plate de la rame qui entre dans l'eau.
2Par extension, synonyme de vanne d'étang, et d'aube de roue d'un bateau à vapeur.
3Planche terminée en pointe, qui sert à faire des palissades.
4Nom d'un grand oiseau, qui se nomme autrement cuiller, parce qu'il a le bec rond et large à l'extrémité.
Lat. pala, pelle (voy. PELLE).
Carton carré garni de toile blanche, qui se met sur le calice pendant la messe.
Avec la pale et le purificatoire que vous m'avez envoyésBossuet, Lett. Corn. 66
Lat. palla, manteau, tenture. Bossuet écrivait palle, étymologiquement.
1Qui a perdu sa couleur vive et animée, en parlant du visage et de la peau.
Un très insupportable bruit à ceux qui naviguent de nuit, Le rendait pâle comme un lingeScarron, Virg. V
Lemaire, parfumeur, qui était un des conjurés, courut chez moi, pâle comme un mort, et tremblant comme la feuilleRetz, Mém. liv. IV, t. III, p. 354, dans POUGENS
La princesse d'Harcourt, pâle [elle n'avait pas de rouge] comme le commandeur de la comédie [dans Don Juan, de Molière]Mme de Sévigné, 12 janv. 1674
Soit qu'il fasse au conseil courir les sénateurs, D'un tyran soupçonneux pâles adulateursBoileau, Art p. II
.... Cet air sombre et sévère, Et ce visage enfin plus pâle qu'un rentier à l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartierBoileau, Sat. III
Pluton était sur son trône d'ébène ; son visage était pâle et sévèreFénelon, Tél. XVIII
Au pied du trône [de Pluton] était la Mort, pâle et dévoranteFénelon, ib.
Sitôt qu'il me vit, il vint se jeter à mes pieds ; il était plus pâle que la mortLesage, Guzm. d'Alf. IV, 3
Les pâles ombres, les âmes des morts.
Pâles couleurs, chlorose, affection dans laquelle la peau est décolorée.
Fig.
Je vous conjure, ma chère Pauline, de ne pas tant tourner votre esprit du côté des choses frivoles, que vous n'en conserviez pour les solides ; autrement votre goût aurait les pâles couleursMme de Sévigné, 16 nov. 1689
2Qui est peu coloré.
En même temps je vis paraître un cheval pâle ; et celui qui était monté dessus s'appelait la MortSaci, Bible, Apocalypse, VI, 8
Roses pâles, les roses ordinaires, par opposition à celles de Provins, qui sont d'un rouge foncé.
3En parlant des corps lumineux, qui ne répand qu'une lumière terne et blafarde. Le soleil est bien pâle aujourd'hui.
Ce n'étaient plus de pâles étincelles d'un feu mourantMarmontel, Mém. III
4Par extension, faible de couleur. Un bleu pâle. Un jaune pâle.
Fig.
La foi.... Jette un rayon d'espoir sur mon pâle avenirLamartine, Méd. I, 18
5Fig. En termes de littérature, qui est sans couleur, sans brillant. Un style pâle.
PÂLE, BLÊME. Ces deux termes sont très voisins. La première nuance est que blême n'est synonyme de pâle que quant à la teinte de la peau. La seconde, c'est que blême indique quelque chose de plus marqué que pâle : un homme blême de crainte est plus décoloré qu'un homme pâle de crainte. Quand la Fontaine a dit les Parques blêmes, il a marqué plus expressément la pâleur de ces déesses infernales.
Ital. pallido ; du lat. pallidus ; comparez le sanscrit palita, gris, le grec πελιὸς, πολιὸς, gris.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander