1plaisanté, ée part. passé (plè-zan-té, tée)
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Plaisanté par ses camarades.
Plaisanté par ses camarades.
1Qui plaît.
Pourquoi Dieu vous a-t-il défendu ce qui est si plaisant et si flatteur ?Bossuet, Élévat. à Dieu, 18e sem. 22
En ce sens, plaisant tombe en désuétude ; et aujourd'hui il faut bien en choisir la place et l'emploi pour s'en servir encore.
Familièrement. Il n'est pas plaisant, il n'est pas agréable. Il n'est pas plaisant d'avoir un mauvais voisin. Je ne trouve pas plaisant que vous vous mêliez de mes affaires.
2Qui divertit, qui fait rire.
Alceste, à Clitandre et Acaste qui rient : Par la sambleu, messieurs, je ne croyais pas être Si plaisant que je suisMolière, Mis. II, 7
Vous êtes trop plaisante d'avoir lu en public ma relation des chevaliersMme de Sévigné, 19 janv. 1689
Il est bonhomme, il est plaisant homme, et il est excellent hommeLa Bruyère, XII
Ironiquement. Je vous trouve plaisant, se dit pour exprimer qu'on ne reconnaît pas à la personne à qui l'on s'adresse le droit de dire ou de faire ce qu'elle fait.
Parbleu ! je te trouve plaisant de me donner ce qui t'appartientMolière, Impromptu, III
Il se dit aussi des choses.
Je tiens cette comédie une des plus plaisantes que l'auteur ait produitesMolière, Critique, 3
En vérité, je n'ose appuyer sur rien ; tout me fait mal ; c'est une plaisante chose à une substance qui pense, que de n'oser penserMme de Sévigné, 13 sept. 1684
Ce vaisseau [un vaisseau qui portait des troupes pour réduire les jésuites du Paraguay] s'appelle le Pascal ; il est juste que Pascal combatte les jésuites, et cela est plaisantVoltaire, Lett. Richel. 16 avr. 1756
C'est à présent la physique qui se met à être plaisante, depuis que la comédie ne l'est plusVoltaire, Lett. en vers et en prose, 66
Un tour ingénieux peut n'être qu'une réflexion plaisante, telle est celle-ci de Mme de Sévigné : il n'y a rien qui ruine comme de n'avoir point d'argentCONDILLAC, Art d'écr. II, 10
Conte plaisant et récréatif, histoire plaisante et récréative, se dit par une espèce de raillerie.
3Plaisant mis avant son substantif prend le sens d'impertinent, de ridicule.
C'est un plaisant moyen de rétablir l'autorité royale que de chasser le ministre du roi malgré lui !Retz, Mém. t. II, l. III, p. 426, dans POUGENS
Les humains sont plaisants de prétendre exceller Par-dessus nous [ânes] !La Fontaine, Fabl. XI, 5
Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables, misérables comme nous, impuissants comme nousPascal, Pens. XIV, 1, éd. HAVET.
Le plaisant repos que vous avez eu à Lyon ! je l'ai prévu, ma fille, et j'ai bien compris l'accablement où vous seriezMme de Sévigné, 378
Plaisant homme pour dompter la mer !Fénelon, Dial. des morts anc. (Xerxès, Léonidas).
Ce sont de plaisants sages que ceux qui le sont par tempéramentFontenelle, Dial. morts anc. et mod. II, 1
Les anciens étaient plaisants de s'imaginer que les corps célestes étaient de nature à ne changer jamais, parce qu'ils ne les avaient pas encore vus changerFontenelle, Mond. 5e soir.
Damis est un plaisant homme de vouloir avoir deux femmes, pendant que tant d'honnêtes gens sont fâchés d'en avoir uneLE SAGE, Crisp. riv. de son maître, 11
Plaisante charité qui apprend aux gens à aller au balMarivaux, Marianne, part. 3
4S. m. Celui qui cherche à faire rire.
Les affaires d'Angleterre vont bien, le crédit du prince d'Orange diminue tous les jours ; un plaisant a mis sur la porte de Whitehall : Grande maison à louer pour la Saint-Jean ; cette sottise fait plaisirMme de Sévigné, 537
Je ne sais pas pourquoi je m'amuse à faire la plaisante, car je n'en ai pas le loisirMme de Sévigné, à Bussy, 44 juill. 1655
Il faisait le plaisant, surtout à tableBossuet, Var. 8
La plaisanterie roule presque toujours sur des rapports faux, sur des équivoques ; de là vient que les plaisants de profession ont presque tous l'esprit faux autant que superficielVoltaire, Dict. phil. Style, 2
Un mauvais plaisant, un homme qui plaisante mal, qui fait de mauvaises plaisanteries.
L'on marche sur les mauvais plaisants, et il pleut par tout pays de cette sorte d'insectes : un bon plaisant est une pièce rare ; à un homme qui est né tel, il est encore fort délicat d'en soutenir longtemps le personnage ; il n'est pas ordinaire que celui qui fait rire se fasse estimerLa Bruyère, V
5Ce qui fait rire.
Je conviens avec vous que le plaisant et le tendre sont difficiles à allier ; cet amalgame est le grand œuvre, mais enfin cela n'est pas impossibleVoltaire, Lett. d'Argental, 5 juin 1744
Familièrement. Le plaisant, le côté plaisant. C'est là le plaisant de l'aventure.
Un plaisant homme est un homme bizarre, ridicule, singulier ; un homme plaisant est un homme qui se distingue des autres par des manières enjouées, folâtres et qui font rire. Un plaisant personnage est un impertinent digne de mépris ; un personnage plaisant est celui dont le rôle est rempli de traits divertissants, de saillies fines, de reparties ingénieuses.
Plaire ; wallon, plaihan.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander