1prétexté, ée part. passé (pré-tèk-sté, stée)
-
Pris pour prétexte. Un voyage prétexté.
Pris pour prétexte. Un voyage prétexté.
Terme d'antiquité romaine. Robe prétexte, ou, substantivement, la prétexte, robe blanche bordée de pourpre, qui était à Rome une des marques de dignité.
La tragédie et la comédie portaient le nom de praetextata, quand on y introduisait des personnes de haute condition, dont l'habit distinctif était la prétexteBERNARDI, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. VIII, p. 274
Longue robe blanche garnie d'une petite bande de pourpre, que les enfants de famille patricienne portaient jusqu'à l'âge de puberté.
Lat. prætexta, sous-entendu toga, robe bordée, de præ, au bord, et texere (voy. TISSER).
Cause supposée, raison apparente dont on se sert pour cacher le motif réel d'un dessein, d'une action.
Il lui convenait de me faire servir de prétexte quelquefois à ce qu'il faisait, et presque toujours à ce qu'il ne faisait pointRetz, Mém. t. III, liv. IV, p. 187, dans POUGENS
Henriette, entre nous, est un amusement, Un voile ingénieux, un prétexte, mon frère, à couvrir d'autres feux dont je sais le mystèreMolière, Femmes sav. II, 3
Ils couvrent leur prudence humaine du prétexte d'une prudence divinePascal, Prov. V
Cette raison, honnête à dire, est fort aisée à comprendre ; elle n'a point l'air d'un prétexte, après tant de preuves de votre bonne volonté et de votre magnificenceMme de Sévigné, 508
La peur de se ruiner est un prétexte au goût breton [au désir de Ch. de Sévigné de se fixer en Bretagne]Mme de Sévigné, 13 mars 1680
Ce serait un commencement de prétexte à me mal payerMme de Sévigné, 17 juill. 1693
Ceux qui sont instruits des affaires, étant obligés d'avouer que le roi [Charles Ier] n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacriléges dont nous abhorrons la mémoire...Bossuet, Reine d'Anglet.
Tu crois ce qu'elle dit ? c'est un prétexte pour avoir raison d'être toujours dehorsDancourt, Bourg. à la mode, IV, 6
S'il est vrai que vous ne désiriez qu'une bonne paix, la voilà qui se présente à vous, et qui vous ôte tout prétexte de reculerFénelon, Tél. X
Un des prétextes dont on se servit pour accabler Bayle et pour le réduire à la pauvreté, fut son article de David dans son utile DictionnaireVoltaire, Dict. phil. Philosophe.
Le jeune prince était le prétexte des visites [du roi] ; la gouvernante [Mme de Maintenon] en était le véritable objetMme de Genlis, Mme de Maintenon, t. I, p. 55, dans POUGENS
Il n'y a pas de prétexte à cela, et absolument, il n'y a pas de prétexte, il n'y a pas même de raison apparente pour....
Sur un prétexte, en se fondant, en s'appuyant sur un prétexte.
Sur ce prétexte, il demanda au sénat le gouvernement de cette provinceVERTOT, Révol. rom. XIV, 307
Il cherche querelle sur le moindre prétexteDict. de l'Acad.
Sous un prétexte, en se couvrant d'un prétexte.
On prenait pour prétexte qu'il était nécessaire à Cadix, car on ne lui pouvait nuire que sous des prétextes honorablesFontenelle, Renau.
Sous prétexte, loc. prép. Sous prétexte de maladie.
Xénophon [un médecin], sous prétexte de faciliter le vomissement, se sert d'une plume enduite d'un poison plus violent, et Claude expireDiderot, Claude et Nér. I, 33
Sous prétexte que, loc. conj.
Sous prétexte qu'ils adoraient le Dieu d'IsraëlBossuet, Hist. I, 8
Lat. prætextus, prétexte, de prætexere, tisser devant, et, de là, placer en avant, alléguer (voy. PRÉTEXTE 1).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander