1prête s. f. (prê-t')
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Baguette d'osier refendue, servant à relier les cercles des tonneaux.
Baguette d'osier refendue, servant à relier les cercles des tonneaux.
1Qui est disposé à, préparé à. Tenez-vous prêt pour partir.
Ceux qui seraient prêts à consentir au mensongePascal, Pens. XXIV, 39 ter, éd. HAVET.
Les ennemis le trouvent toujours sur ses gardes, toujours prêt à fondre sur euxBossuet, Louis de Bourbon.
Jamais prince ne fut plus docile et plus prêt à se corriger de ses défautsFléchier, Hist. de Théodose, IV, 34
Il se dit aussi des choses.
Son traité d'optique étant prêt à imprimerFontenelle, Newton.
Du bois taillis prêt à couper dans quelques annéesBuffon, Hist. nat. Intr. part. exp. Œuv. t. VIII, p. 405
2Absolument, en parlant des personnes, tout disposé, tout préparé.
Quoique, sans menacer et sans avertir, la mort se fasse sentir tout entière dès les premiers coups, elle trouve la princesse prêteBossuet, Duch. d'Orl.
Annette, veux-tu aller avec elle ? - Moi, de tout mon cœur ; me voilà prêteMme de Genlis, Théât. d'éduc. la March. de modes, sc. 6
Il n'est jamais prêt, il n'a jamais fait ses préparatifs à temps.
Il se dit aussi des choses. Le dîner est prêt. Il faut partir, la voiture est prête.
Quelquefois il [Louis XIII] a opposé la force toute prête à la violence qui se préparaitGuez de Balzac, le Prince, 17
Fig. Ce n'est pas viande prête, se dit d'une chose qui ne se fait pas toute seule, qui tirera en longueur.
3Prêt sur, qui a par devant soi une préparation, une étude.
Mon second était prêt sur toutPascal, Prov. IV
4Destiné.
Il est injuste qu'on s'attache à moi.... je ne suis la fin de personne.... ne suis je pas prêt à mourir ?Pascal, Pens. XXIV, 39 ter, édit. HAVET.
5Prêt à, sur le point de.
J'avais laissé Mme de Vaubrun prête à devenir folle, Mme de Langeron prête à mourirMme de Sévigné, 14 sept. 1675
Rome prête à succomberBossuet, Hist. III, 7
Une brebis prête à agneler, une poulette prête à pondreDict. de l'Acad. aux mots agneler et poulette
Il se dit aussi des choses. Un grand destin commence.
Tous ces nuages qui paraissent si noirs et si prêts à fondre sur nousMme de Sévigné, 30 mars 1689
6Prêt de, disposé à, préparé à.
Psyché était honteuse de son peu d'amour, toute prête de réparer cette faute, si son mari le souhaitait, et quand même il ne le souhaiterait pasLa Fontaine, Psyché, I, p. 85
Que si cette feinte, madame, a quelque chose qui vous offense, je suis tout prêt de mourir pour vous en vengerMolière, Princ. d'Él. V, 2
Il se dit aussi des choses.
Aujourd'hui les grammairiens ont décidé qu'il fallait dire en ce sens prêt à ; cette décision est arbitraire, car l'usage admettait, comme on voit, la préposition de ; et il n'y a rien dans prêt qui exclue cette préposition.
7Prêt de, sur le point de.
Il tenait un moineau, dit-on, Prêt d'étouffer la pauvre bête, Ou de la lâcher aussitôt Pour mettre Apollon en défautLa Fontaine, Fabl. IV, 19
En rêvant à la visite qu'elle était prête de recevoirLa Fontaine, Psyché, I, p. 68
Mme de Vaudemont n'est pas prête de revenir iciMme de Sévigné, 9 mars 1672
On était prêt d'aller se divertir à Fontainebleau : tout a été rompu [à l'occasion de la mort de Turenne]Mme de Sévigné, 31 juill. 1675
Mme d'Heudicourt est entièrement dans la gloire de Niquée ; elle oublie qu'elle est prête d'accoucherMme de Sévigné, 30 juill. 1677
Il se dit aussi des choses.
Sur la légèreté d'une croyance si peu raisonnable, il renonce à une affection dont il était assuré, et qui était prête d'avoir son effetCorneille, Mél. Examen.
Aujourd'hui, en ce sens, on dit près de.
8Harengs demi-prêts, harengs qui n'ont pas été sauris très fortement.
À Boulogne et à Calais on fume les harengs dits francs-saures, qui ne se mangent à Paris que lorsque les demi-prêts viennent à manquerA. HUSSON, les Consommations de Paris, p. 266
Bourg. proo, au féminin prote ; prov. prest, pret ; cat. prest ; espagn. port. et ital. presto ; du lat. præstus, qui se trouve dans des inscriptions et dans la loi salique, et qui est dans la langue classique sous la forme invariable et adverbiale, præsto esse ; il est formé de præ et stare.
Substantivement. C'est un prêté rendu, c'est une juste représaille.
Béranger a modifié cette phrase proverbiale d'une façon qui lui laisse son sens et sa correction : Ou quand Jeanne fait œuvre pie, C'est un rendu pour un prêté, Mais. de santé. Mais la forme qu'aujourd'hui on lui donne souvent est absolument inintelligible : c'est un prêté pour un rendu.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander