1violenté, ée part. passé (vi-o-lan-té, tée)
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- L'unité de jour n'a rien de violenté Corneille, Héracl. Exam.
Tout est violent et violenté dans vos affaires, tout est pressé, tout est nécessaire
Mme de Sévigné, 15 févr. 1690
Tout est violent et violenté dans vos affaires, tout est pressé, tout est nécessaireMme de Sévigné, 15 févr. 1690
1Qui agit avec force. Vent violent.
L'orage est violent....Thomas Corneille, Essex, I, 2
Qui se fait sentir avec force. Une douleur violente. Une fièvre violente. Un violent mal de dents.
Pouvons.... craindre.... un plus cruel rabat-joie que la douleur sensible de songer à se séparer.... cette pensée est violenteMme de Sévigné, 15 août 1685
2Qui épuise les forces.
Cet exercice [être berné] est un peu violent, pour un homme aussi faible que je suisVoiture, Lett. 9
Je vous vois dans une dépense si violente....Mme de Sévigné, 15 juin 1689
Suivant le principe des philosophes que tout ce qui est violent ne peut durerBOISGUILLEBERT, Factum de la France, XI
On supporte un état violent, quand il passe ; six mois, un an ne sont rien, on envisage un terme et l'on prend courage ; mais quand cet état doit durer toujours, qui est-ce qui le supporte ?J.-J. Rousseau, Hél. VI, 6
Un si violent effort [l'attaque de Smolensk] lui paraissait inutile [à Murat], puisque les Russes se retiraient d'eux-mêmesSégur, Hist. de Nap. VI, 4
3Qui se livre à des violences, en parlant des personnes.
Chez ces nations violentes, rendre la justice n'était autre chose qu'accorder à celui qui avait fait une offense sa protection contre la vengeance de celui qui l'avait reçueMontesquieu, Esp. XXX, 20
Il [Socrate] était né violent ; il est à présent le plus doux et le plus patient des hommesBarthélemy, Anach. ch. 7
Il se dit des choses au même sens.
Quand, emportés par leur humeur violente, ils [les princes] ne gardent plus ni lois ni mesuresBossuet, Reine d'Anglet.
Substantivement. En style de spiritualité, les violents, ceux qui sont épris d'une extrême ardeur de dévotion.
Notre Seigneur a dit que, depuis la venue de Jean-Baptiste.... le royaume de Dieu souffre violence, et que les violents le ravissentPascal, Lett. à Mlle de Roannez, 4
4Où l'on emploie la violence.
Les grâces pudiques de la reine Esther eurent un effet aussi salutaire, mais moins violent [que l'action de Judith]Bossuet, Reine d'Angleterre.
Les moyens violents ne conviennent point à la cause justeJ.-J. Rousseau, Lett. de la Mont. 8
Mort violente, mort causée par force, par accident, et non par une cause naturelle.
5Fig. Il exprime l'intensité, la force. On a de violents soupçons contre lui.
Il faut que la force du proverbe soit bien violente, s'il est bien vrai que vous ne soyez pas prophète en votre paysMme de Sévigné, à Coulanges, 28 mai 1695
Les âmes fortes ont des sentiments bien plus violents que les autres, quand elles sont tendresVoltaire, Ingénu, 20
Pour moi, j'ai des doutes violents, mais je les écarte, je me mets un bandeau sur les yeuxVoltaire, Amabed, 6e lettre.
Il se dit des personnes en un sens analogue.
Il [Lavardin, l'évêque du Mans] était connu pour un des plus violents esprits forts du siècle de Louis XIVVoltaire, Dict. phil. Ordination.
6Qui ne garde pas la mesure, en parlant du style.
Celui [style] de Rousseau [Jean-Baptiste] me paraît inégal, recherché, plus violent que vif, et teint, si j'ose m'exprimer ainsi, de la bile qui le dévoreVoltaire, Lett. en vers et en prose, 8
7Qui fait violence à un texte.
Que de violents correctifs ne faut-il point apporter à ses propositions [de Rusbroc, mystique] pour les rendre supportables ?Bossuet, Ét. d'orais. I, 5
8Fig. et familièrement. Qui sort de la mesure ; qui ne se peut tolérer. La proposition est violente.
Allons, des siéges ; holà ! laquais, laquais, laquais ! en vérité, voilà qui est violent, de ne pouvoir pas avoir un laquais pour donner des siégesMolière, Comtesse, 4
Le parallèle de monsieur le Prince et de M. de Turenne est un peu violent ; mais il [Bossuet] s'en excuse en niant que ce soit un parallèleMme de Sévigné, à Bussy. 25 avril 1687
Vous m'avouerez que cela est violent, locution de la courDE CAILLIÈRES, 1690
M. Thomasseau : Un lit de damas ! cela est violentDancourt, Vend. Surène, sc. 22
Wallon, violain ; provenç. violent ; espagn. et ital. violento ; du lat. violentus, de même radical que violare, violer.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander