Premières poésies, 1862
V. À une Artiste
Puisque les plus heureux‖ ont des douleurs sans nombre,Puisque le sol est froid,‖ puisque les cieux sont lourds,Puisque l’homme ici-bas‖ promène son cœur sombreParmi les vains regrets‖ et les courtes amours,
Que faire de la vie ?‖ Ô notre âme immortelle,Où jeter tes désirs‖ et tes élans secrets ?Tu voudrais posséder,‖ mais ici tout chancelle ;Tu veux aimer toujours,‖ mais la tombe est si près !
Le meilleur est encore‖ en quelque étude austèreDe s’enfermer, ainsi‖ qu’en un monde enchanté,Et dans l’art bien aimé‖ de contempler sur terre,Sous un de ses aspects,‖ l’éternelle beauté.
Artiste au front serein,‖ vous l’avez su comprendre,Vous qu’entre tous les arts‖ le plus doux captiva,Qui l’entourez de foi,‖ de culte, d’amour tendre,Lorsque la foi, le culte‖ et l’amour, tout s’en va.
Ah ! tandis que pour nous,‖ qui tombons de faiblesseEt manquons de flambeau‖ dans l’ombre de nos jours,Chaque pas à sa ronce‖ où notre pied se blesse,Dans votre frais sentier‖ marchez, marchez toujours.
Marchez ! pour que le ciel‖ vous aime et vous sourie,Pour y songer vous-même‖ avec un saint plaisir,Et tromper, le cœur plein‖ de votre idolâtrie,L’éternelle douleur‖ et l’immense désir.
Paris, 1840
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a nombre / sombre féminine, classiqueb lourds / amours masculine, classiquea immortelle / chancelle féminine, classiqueb secrets / près masculine, classiquea austère / terre féminine, classiqueb enchanté / beauté masculine, classiquea comprendre / tendre féminine, classiqueb captiva / va masculine, classiquea faiblesse / blesse féminine, classiqueb jours / toujours masculine, classiquea sourie / idolâtrie féminine, classiqueb plaisir / désir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de L. Ackermann, Alphonse Lemerre, éditeur, 1885· numérisation poesies.net· Sources