Premières poésies, 1862
IV. Le Départ
Il est donc vrai ? Je garde‖ en quittant la patrie,Ô profonde douleur !‖ un cœur indifférent.Pas de regard aimé,‖ pas d’image chérie,Dont mon œil au départ‖ se détache en pleurant.
Ainsi partent tous ceux‖ que le désespoir sombreDans quelque monde à part‖ pousse à se renfermer,Qui, voyant l’homme faible‖ et les jours remplis d’ombre,Ne se sont pas senti‖ le courage d’aimer.
Pourtant, Dieu m’est témoin,‖ j’aurais voulu sur terreRassembler tout mon cœur‖ autour d’un grand amour,Joindre à quelque destin‖ mon destin solitaire,Me donner sans regret,‖ sans crainte, sans retour.
Aussi ne croyez pas‖ qu’avec indifférenceJe contemple s’éteindre,‖ au plus beau de mes jours,Des bonheurs d’ici-bas‖ la riante espérance :Bien que le cœur soit mort,‖ on en souffre toujours.
Paris, 13 septembre 1838.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a patrie / chérie féminine, classiqueb indifférent / pleurant masculine, classiquea sombre / d’ombre féminine, classiqueb renfermer / d’aimer masculine, classiquea terre / solitaire féminine, classiqueb amour / retour masculine, classiquea indifférence / espérance féminine, classiqueb jours / toujours masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de L. Ackermann, Alphonse Lemerre, éditeur, 1885· numérisation poesies.net· Sources