Le petit-neveu de Grécourt, 1883
Épitre consolante a un cocu
Consolez-vous, Monsieur Fumet ;Gens de Robe, Gens à PlumetOnt un destin pareil au vôtre :C’est le bon Dieu qui le permet.Le grand Prophète MahometN’en fut pas plus exempt qu’un autre.Il prit pour femme Cadigha.Celle-ci, d’humeur un peu chaude,Dans son cher époux distinguaDes façons qui sentoient le Claude ;Lors Dieu sait comme elle intrigua !Un ribaud plut à la ribaude :Ce ribaud qui la subjuguaÉtoit un gros Prieur de Carmes.Mahomet le sut, le nargua,Et prit un croissant pour ses armes.Bel avis aux gens délicats !Quand il auroit fait des éclats,Quand il auroit battu sa femme,Au jour marqué pour son trépas,En auroit-il moins rendu l’âme ?Ce fut, suivant un érudit,A Médine qu’il la rendit :En mangeant un gigot maudit,Il lui prit une sueur froideQui le força d’aller au lit.Au fait : quand on l’ensevelitOn lui trouva le caiche roide(Caiche est synonyme de vit).Soudain le bruit s’en répandit.Sa veuve accourt, elle s’écrie :« Ah ! certes, j’aurois eu grand tort» D’avoir passé plus d’une envie» Avec un Moine, vrai butor,» Si mon époux qui disoit d’or» L’avoit porté pendant sa vie» Comme il le porte après sa mort ! »
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a Fumet / Plumet masculine, classiqueb vôtre / autre féminine, classiquea permet / Mahomet masculine, classiquec Cadigha / distingua masculine, classiqued chaude / Claude / ribaude féminine, classiquec intrigua / subjugua masculine, classiquee Carmes / armes féminine, classiquec nargua / délicats masculine, classiquef éclats / trépas masculine, non classiqueg femme / l’âme féminine, classiqueh érudit / rendit masculine, classiqueh maudit / lit masculine, classiquei froide / roide féminine, classiqueh l’ensevelit / vit / répandit masculine, classiquej s’écrie / envie / vie féminine, classiquek tort / butor masculine, classiquek d’or / mort masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
37 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le petit-neveu de Grécourt ou Étrennes gaillardes, PARIS, Isidore LISEUX, Éditeur, 1883· numérisation Project Gutenberg· Sources