Alcools, 1913· Les fiançailles
« Mes amis m’ont enfin avoué leur mépris »
Mes amis m’ont enfin‖ avoué leur méprisJe buvais à pleins verres les étoilesUn ange a exterminé pendant que je dormaisLes agneaux les pasteurs‖ des tristes bergeriesDe faux centurions‖ emportaient le vinaigreEt les gueux mal blessés‖ par l’épurge dansaientÉtoiles de l’éveil‖ je n’en connais aucuneLes becs de gaz pissaient‖ leur flamme au clair de luneDes croque-morts avec‖ des bocks tintaient des glasA la clarté des bougies tombaient vaille que vailleDes faux cols sur les flots‖ de jupes mal brosséesDes accouchées masquées‖ fêtaient leur relevaillesLa ville cette nuit‖ semblait un archipelDes femmes demandaient‖ l’amour et la dulieEt sombre sombre fleuve je me rappelleLes ombres qui passaient‖ n’étaient jamais jolies
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Vers de 12 et 13 syllabes (12 de 12, 2 de 13, 1 de 10, 1 de 11)· profil 6+6, 13, (11)
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Alcools, Paris, Gallimard, 1920· numérisation damienbe.chez.com· Sources