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un seul est le mot juste.

Poésies, 1900· IV Chansons

Complainte de marie Alacoque

Paul Arène· 185 vers

Air de : MA TANTE URLURETTE

1

Vers le nord-est de ParisS’élève un vieux tertre gris ;C’est là que Brunet colloqueAlacoque(bis),Marie Alacoque !

2

Holà ! Jean Brunet, tu vasT’enterrer dans les gravats ;Vois : ta butte se disloque,Alacoque(bis),Marie Alacoque.

3

N’importe, dit Jean Brunet,Les buttes, ça me connaît,Quant aux gravats, je m’en moque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

4

Mon temple brille au soleil,Qu’on m’en trouve le pareilDe la Bièvre à l’Orénoque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

5

Édifice haut monté,Notre-Dame à son côtéAurait l’air d’une bicoque ;Alacoque(bis),Marie Alacoque.

6

Thiers n’est plus Brunet vainqueurNous consacre au Sacré-CœurQui terrassa l’Équivoque ?Alacoque(bis) ;Marie Alacoque.

7

Dans Paris-le-Monial,C’est un cérémonialA réjouir Vireloque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

8

Nous sommes tous convertis,Tous, grands, moyens et petits ;Chacun chante, prie, invoqueAlacoque(bis),Marie Alacoque.

9

Renan est sonneur ; FeydeauEn costume de bedeau,A Montmartre nous convoque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

10

Tête basse et corde aux reinsArrivent les pèlerins,Sans bas, sans botte ni socque ;Alacoque(bis),Marie Alacoque.

11

Pieusement empressé,Voici le divin SarceyQui suit, soufflant comme un phoque,Alacoque(bis),Marie Alacoque.

12

Sous un froc Edmond AboutNe rappelle plus du toutL’ami cher à Bolingbrocke,Alacoque(bis),Marie Alacoque.

13

Derrière lui George SandSe flagelle jusqu’au sang ;N’a-t-elle pas fait l’Uscoque ?Alacoque(bis),Marie Alacoque,

14

Voici Scholl ; voici LoysonMâchonnant mainte oraisonDans son ancienne défroque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

15

Tout fraîchement tonsuréLe petit père LittréCélèbre en latin baroqueAlacoque(bis),Marie Alacoque.

16

Catéchumène repletSur son bedon MonseletPorte des lys en breloque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

17

Gambetta dans son psautierGarde un brin du Noisetier,Naquet le voit et l’escroque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

18

Seul au monde, aigri, blêmi,Hilaire BarthélemySe perd en un soliloque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

19

D’Aumale en caracolantDit : — Vive le drapeau blanc !Le nôtre était une loque.Alacoque(bis).Marie Alacoque.

20

Le rouge est couleur de feu ;Dieu n’aime pas le gros bleu ;Mais le blanc n’a rien qui choqueAlacoque(bis),Marie Alacoque.

21

Le drapeau des trois couleursAttendra des jours meilleurs,Il déteint et s’effiloque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

22

Léonide en falbalasSuit en poussant des hélas !« Adieu, truffe et salicoque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

23

Les beaux jours sont revenus ;D’Antigny, qui va pieds .nus,Se plaint d’avoir une cloque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

24

Le Shah n’a plus ce matinSon grand sabre diamantin ;Contre un bourdon il le troque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

25

Par la sambleu ! dit Lockroy,Le premier qui blague un roi,En champ clos je le provoque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

26

Au chant du « Tantum ergo »Amen, répond Arago,De sa. voix de ventriloque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

27

Tous viennent, comptant leurs pas,Un, sans plus, n’arrive pas ;C’est Hugo, que le flot bloque,Alacoque(bis),Marie Alacoque.

28

Tête nue et pieds déchaux.Reporters et maréchauxS’offrent un bras réciproque.Alacoque(bis).Marie Alacoque.

29

Tous, guerriers et professeurs,Vont célébrant tes douceursSous le casque et sous la toque,Alacoque(bis),Marie Alacoque.

30

D’ouïr les cloches sonnerEt les psaumes bourdonner,Le vieux Rabelais suffoque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

31

On revient, dit Arouet,Au beau temps où l’on rouait ;Cette affaire m’interloque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

32

Butte sainte où Loyola,Au monde se révéla,C’est ton passé qu’on évoque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

33

Au Rat-Mort, fier comme un coq,Belot, l’homme du bon bock,Comme un païen fume et bocke.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

34

Un bon bock le rend content,Le reste, il s’en fiche autantQue d’un fort traité de Locke.Alacoque(bis).Marie Alacoque.

35

Bocker, parfois cela nuit :Oui, Belot, tu seras cuit,Pour que le diable te croqueAlacoque(bis),Marie Alacoque.

36

Les Belots et les Courbets,A l’oreille des gibetsServiront de pendeloque.Alacoque(bis),Marie Alacoque.

37

Puis, dans les bûchers bien roux,Jean Brunet les cuira tousAinsi qu’à la belle époque.Alacoque(bis),Marie Alacoque !

185 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources