Poésies, 1900· I Sonnets
Hoc Erat in Votis
A Armand Silvestre.
Je voudrais habiter, ermite en plein Paris,Dans le quartier bourgeois et neuf qui les renferme,Cette vieille maison avec ses airs de ferme,Et ce petit jardin qui fut un champ jadis.
Le bon endroit pour vivre heureux et piocher ferme,Les journaux trop bavards y seraient interdits,Et le seul espalier payant l’argent du terme,J’aurais pour moins que rien cet humble paradis.
La chambrette, joyeuse et claire et qui domineLe jardin, sentirait en mai la balsamine ;Aux mois chauds, une odeur de grappe et du fruit mûr.
Et l’hiver, quand le ciel rit par un coin d’azur,A travers les rideaux qu’un rayon illumine,Des ombres de moineaux passeraient sur mon mur.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources