Poésies, 1900· I Sonnets
Requiem
Pars, puisque tu le veux. Pars, et laisse le deuilAvec ton souvenir dans la maison muette ;Pars vite et sans adieux et sans tourner la tête,Des pleurs pourraient ternir l’éclat pur de ton œil.
Marche au but qu’ont marqué ta folie et l’orgueil.Que rien ne te fléchisse et que rien ne t’arrête ;La porte est grande ouverte et la voiture prête,Je veux t’accompagner tranquille jusqu’au seuil.
Un autre irait, pareil au pauvre qu’on repousse,Triste et suivant de loin la trace de tes pas ;Tu me verras plus fier… Surtout n’espère pas !
Que jamais contre toi mon regret se courrouce ;Car seule aux jours amers ta lèvre me fut douceEt je n’ai su trouver l’oubli qu’entre tes bras.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Paul Arène, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1900· numérisation gallica.bnf.fr· Sources